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Lutte de Classe, Série actuelle (1993 - )
n°151 (avril 2013)
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Face à la violence de la grande bourgeoisie dans le capitalisme en crise, face à la corruption de sa « république irréprochable », il faut un parti représentant les intérêts politiques des exploités

Après dix mois de gouvernement socialiste, la conscience qu’il n’y a pas de différence entre ce gouvernement et ceux de droite qui l’ont précédé commence à être largement partagée dans la classe ouvrière. Les illusions à l’égard du slogan « Le changement, c’est maintenant » de Hollande n’ont jamais été très fortes. Rien de comparable même avec ce qu’a représenté, en 1981, l’arrivée de Mitterrand à la présidence de la République. Mais même ce peu d’illusion n’a pas tardé à se dissiper au rythme des mesures du gouvernement contre les conditions d’existence des travailleurs, des retraités et des chômeurs, parallèlement aux cadeaux au grand patronat tout à fait dans la lignée de ceux distribués par Sarkozy.

Il est inutile de récapituler ici toutes ces mesures. D’autant moins qu’à côté des gestes spectaculaires, combien d’autres mesures plus ou moins discrètes qui frappent telle ou telle catégorie populaire, sans même que les médias s’en émeuvent et en parlent ? Les salariés n’ont pas besoin de lire les statistiques de l’Insee pour savoir que leur pouvoir d’achat se dégrade et que la vie devient plus difficile.

La déconsidération du gouvernement se manifeste partout. Dans les usines qui licencient ou qui ferment, les travailleurs constatent directement à quel point ils ne peuvent pas compter sur le gouvernement malgré les rodomontades d’un Montebourg. Elle se manifeste dans les réactions des catégories les plus désarmées des classes exploitées, les chômeurs et les retraités, que même des mesures d’apparence anodine – comme une hausse de la TVA ou, pour les retraités, le prélèvement de 0,3 % pour financer la dépendance ou l’annulation de l’indexation du montant des retraites complémentaires sur le coût de la vie – peuvent faire basculer dans la pauvreté. Tout cela se reflète, quoique d’une manière atténuée et déformée, dans les sondages, comme cela apparaît au premier tour de l’élection législative partielle de Beauvais, le 17 mars dernier, où le Parti socialiste a perdu en moins d’une année et en nombre de votants deux tiers de son électorat !

À cette déconsidération profonde s’ajoutent les scandales, comme l’affaire Cahuzac, prototype de ces ministres qui prônent la rigueur et l’austérité tout en fraudant le fisc. Les hauts cris d’indignation de la caste politique sonnent creux dans cette société où l’argent et la capacité d’en accumuler par n’importe quel moyen passent pour des vertus cardinales.

La bourgeoisie a les hommes politiques qu’elle mérite. Les serviteurs politiques prennent exemple sur leurs maîtres, une classe sociale cupide, avide, sans pitié pour les exploités.

Comment reprocher à un Cahuzac d’avoir menti, alors que toute la caste politique pratique ce mensonge fondamental qui consiste à prétendre qu’elle gouverne dans l’intérêt de toute la société, alors qu’elle le fait pour le compte de la seule grande bourgeoisie ?

Les 600 000 euros planqués par Cahuzac en Suisse ou à Singapour constituent une fortune aux yeux du salarié à qui on dispute le moindre centime d’augmentation. Une fortune aux yeux du petit retraité pour qui ils représentent 80 ans de pension. Mais qu’est-ce donc par rapport aux revenus du capital, ceux des Arnault, Dassault, Peugeot, Pinault ou Bettencourt ? Les membres du personnel politique qui dirigent l’appareil de l’État ne sont que de petits charognards qui prospèrent sur les cadavres laissés par les grands fauves de l’exploitation.

On ne sait pas jusqu’où peuvent aller les conséquences du scandale déclenché, ni combien d’autres scandales il révélera, peut-être plus gros encore. On ne sait pas si le PS, seul ou avec la complicité de la droite, parviendra à maîtriser la crise politique. La droite ne s’est évidemment pas privée de faire ses choux gras du cas Cahuzac pour tenter de compromettre le ministre Moscovici qui chapeautait Cahuzac et, au-delà, Hollande lui-même. C’est de bonne guerre dans ce monde politique où, faute de différences politiques fondamentales, les affrontements portent sur les personnes.

Avantage supplémentaire pour la droite : l’affaire Cahuzac écarte du devant de la scène médiatique bien d’autres affaires touchant la droite : les affaires Bettencourt avec, en prime, la mise en examen de Sarkozy ; les accointances de Christine Lagarde avec Bernard Tapie ; l’affaire de Karachi, et bien d’autres encore.

Les chefs de la droite dite parlementaire sont d’autant plus virulents qu’elle est talonnée par le Front national. Mais, en même temps, derrière la virulence des propos et les effets de manche, on sent une profonde complicité. Au fil des révélations, on apprend comment l’homme de gauche Cahuzac avait sauvé la mise à l’homme de droite Woerth lorsqu’il s’était retrouvé dans le pétrin à propos de la vente de l’hippodrome de Compiègne. On apprend aussi, par la même occasion, que l’homme qui a servi d’intermédiaire à Cahuzac pour ouvrir un compte à la banque suisse UBS est un ancien avocat spécialisé dans les montages financiers, conseiller de Marine Le Pen ! Accessoirement, on apprend également que Cahuzac connaissait parfaitement l’identité politique dudit avocat ainsi que son passé de « gros bras » du GUD, groupuscule estudiantin d’extrême droite.

Alors, le PS a beau présenter Cahuzac comme un cas individuel qui aurait trahi ses amis, ses collègues et son président, là-haut, c’est bien un panier de crabes dans lequel il est impossible de distinguer les crustacés de gauche de ceux de droite. Quant au mélange des genres, la politique et les affaires, les fonctions électives et les activités de lobbyistes œuvrant pour le compte de trusts pharmaceutiques, les dirigeants du PS n’ont que l’embarras du choix pour trouver l’équivalent à la tête des partis de droite. En réalité, une profonde complicité unit tout ce beau monde. Et, même si la droite essaie de tirer profit du discrédit de la gauche, les politiciens de droite et de gauche ont la même inquiétude : que cela discrédite toute la profession !

Tout cela se mène au nom de la défense de la République, de sa vertu, de sa « petite vertu » serait-il plus exact de dire. Mais cela contribue à aggraver un climat délétère, annonciateur, peut-être, d’une crise institutionnelle sur un fond de crise sociale.

***

La compréhension par un nombre croissant de travailleurs que Hollande est dans le camp adverse, autant que l’ont été avant lui Sarkozy et Chirac, n’est malheureusement pas encore une prise de conscience politique. L’écœurement envers la politique de Hollande s’ajoute à la déception laissée par Mitterrand puis par Jospin. Tout cela contribue à la désorientation de la classe ouvrière et à la démoralisation de ses militants. Une démoralisation, une perte de repères qui se manifestent par le découragement de nombre de militants des partis réformistes, par le dégoût de toute politique, qui se traduisent par l’abstention croissante dans les élections, par la montée de l’influence du Front national dans les milieux populaires.

Du coup se multiplient, jusques et y compris parmi les dignitaires des partis de gauche, les « déçus de Hollande » ou les « déçus du socialisme ». Il s’agit de ces personnalités politiques de la gauche aux yeux de qui la solidarité avec le gouvernement apparaît de plus en plus dure à porter, surtout à l’approche des échéances électorales de 2014, municipales surtout mais aussi européennes. Les prises de distance se multiplient même parmi ces dignitaires du PS. À plus forte raison du côté de Mélenchon et de son Parti de gauche qui a, comme le PCF, un pied dans la majorité et l’autre dans l’opposition. À cette nuance près : Mélenchon avance de plus en plus un pied dans l’opposition, alors que le PCF, pensant à ses maires et à ses conseillers municipaux élus sur des listes d’union avec le PS, freine des deux pieds.

En se plaçant de plus en plus dans l’opposition par rapport à Hollande et au gouvernement socialiste, Mélenchon espère profiter du discrédit du PS. Ce en quoi il se trompe probablement. Dans le contexte de recul réactionnaire de la vie politique, c’est le FN surtout qui tire profit de ce discrédit. Plus, en tout cas, que le Parti de gauche.

Utiliser un langage pseudo-radical, en outre teinté de nationalisme antiallemand, ou brandir l’idée d’une sixième République, ne suffit pas pour lui attirer la sympathie des classes populaires. D’autant moins que Mélenchon comme le Front de gauche dans son ensemble, PCF compris, ont contribué à apporter du crédit à Hollande et ont participé à son élection.

Qu’ils l’aient fait directement, ouvertement et, pour ce qui est des dignitaires du PS, dans l’espoir de décrocher un portefeuille ministériel, ou qu’ils l’aient fait en prenant un air dégoûté, ne change rien à l’affaire.

Oh, la grande presse avait repris avec complaisance les bons mots de Mélenchon, traitant Hollande pendant la campagne électorale de « capitaine de pédalo » ! Mais les phrases creuses de la démagogie ne peuvent pas se substituer à la vérité sur ce que peut ou ne peut pas faire Hollande, dans cette période de crise où la bourgeoisie exige de ses hommes politiques qu’ils mènent une politique antiouvrière.

Ni Mélenchon ni le PCF n’ont cherché à éclairer l’électorat populaire. Ils n’ont pas voulu dire que c’est le grand patronat, les puissances de l’argent qui sont les maîtres de cette société et que les hommes politiques, si haut placés qu’ils soient, ne peuvent pas mener une autre politique que celle ordonnée par les maîtres. Ils n’ont pas voulu dissiper l’illusion qu’un changement à la tête de l’État, ou une autre majorité, pouvait changer le rapport de force entre le grand patronat et la classe ouvrière.

Mélenchon ne l’a pas dit, et ne pouvait pas le dire, parce que tout son jeu politique consiste à offrir ses services à la classe dominante avec comme argument de vente qu’il peut prendre le relais d’un Hollande discrédité pour continuer, avec plus d’efficacité, à entretenir les mêmes illusions.

Et ce n’est pas faire un procès d’intention à l’homme, bien que sa carrière politique d’ancien ministre témoigne de son véritable engagement. A-t-il pu changer ? Mais, même dans ses propos d’opposition les plus tonitruants, il ne met jamais en question le système capitaliste, il ne met jamais en cause l’ordre social basé sur l’exploitation.

Alors oui, les partis réformistes même à la gauche du PS, l’ancien, le PCF, et le nouveau, le Parti de gauche, portent une part de responsabilité dans l’évolution réactionnaire des choses, dans la désorientation du mouvement ouvrier et de ses militants.

Les travailleurs n’ont pas intérêt à faire confiance à ces gens. Tous ceux qui ont apporté leur caution à cette escroquerie qui consistait à présenter Hollande comme un espoir pour les travailleurs ne sont pas plus fiables aujourd’hui lorsqu’ils s’en prennent à lui. C’est simplement qu’ils préparent d’autres escroqueries !

Afficher son entrée en opposition est encore un mensonge au moins par omission. Tout le jeu de l’alternance, qui constitue la quintessence de la démocratie bourgeoise, est fait pour faire croire aux exploités que la simple alternance entre une droite et une gauche qui se succèdent au gouvernement pour mener la même politique contient l’espoir d’un changement, alors qu’on ne change de majorité que pour mener la même politique.

Qu’on formule cela dans un langage démagogique ou pas ne change rien à l’affaire.

Mélenchon appelle à une manifestation le 5 mai pour la « sixième république ». Comme si un changement d’étiquette, même assorti d’un coup de balai dans le personnel politique – pour faire place à d’autres, aussi dévoués au grand capital ? – changeait quoi que ce soit au fait que c’est l’État, tout l’État qui est au service de la grande bourgeoisie, de l’organisation capitaliste de la société. Le réformisme, même exprimé par des manifestations et pas seulement dans les couloirs du Parlement, n’en reste pas moins du réformisme.

Ce qui est déterminant pour les travailleurs et pour toute la société, c’est la lutte des classes, c’est le rapport de force entre la bourgeoisie et la classe ouvrière. Tous ceux qui dissimulent la réalité de la lutte des classes derrière le petit jeu parlementaire sont des ennemis de la classe ouvrière.

Le drame de la classe ouvrière, c’est que ne s’agitent sur la scène politique que des partis qui, sous des formes certes différentes, se placent sur le terrain de la bourgeoisie et de l’ordre capitaliste.

Il n’y a pas un parti, en tout cas un parti crédible, qui se situe clairement sur le terrain de la classe ouvrière, de ses intérêts matériels et politiques. Un parti qui, dans tous les événements qui se succèdent, oppose à toutes les nuances de la politique bourgeoise une politique de classe. Un parti qui prenne systématiquement le contre-pied des idées qui sont véhiculées aussi bien par la droite que par la gauche, et jusqu’au langage patronal. Car c’est bien un signe de recul de la conscience politique des exploités que ces termes du langage de la bourgeoisie que sont « compétitivité », « protectionnisme », « nécessité de rembourser la dette » « intérêt national », non seulement ont trouvé droit de cité sans être combattus, mais se sont transformés en vérités absolues avec la complicité de tous les grands partis et des confédérations syndicales.

L’utilisation des mots de la bourgeoisie n’est qu’une indication d’une réalité plus profonde. Pour défendre ses intérêts, la classe ouvrière a besoin d’un parti pour se battre et pour imposer ses propres exigences. Le grand patronat mène une lutte acharnée pour sauvegarder et accroître ses profits malgré la crise de son économie. Les licenciements collectifs, la généralisation de la flexibilité, la baisse du pouvoir d’achat des salariés sont l’expression de cette nécessité du point de vue patronal.

À cette politique, que le Parti socialiste a reprise à ses prédécesseurs de droite et que préconisent, avec des nuances diverses, tous les partis bourgeois, il est vital d’opposer celle qui exige l’interdiction des licenciements, et des augmentations de salaire garanties par l’indexation sur les hausses de prix.

Il est plus important encore d’exiger le contrôle des travailleurs, comme de la population, sur les comptes des entreprises capitalistes et des banques. Le secret bancaire, le secret des affaires, ne protège pas seulement les ministres corrompus, mais aussi la spéculation, les opérations financières qui ruinent l’économie.

Contrairement au rejet de la politique auquel ont été amenés la majorité des exploités par l’écœurement qu’ils ressentent, à juste raison, devant les grands partis, la classe ouvrière ne pourra se défendre qu’en menant des luttes politiques.

Cela a toujours été vrai mais, par ces temps de crise, cela l’est plus encore : les luttes matérielles, les luttes que les travailleurs mènent pour défendre leurs conditions d’existence doivent se transformer en luttes politiques. Dans la moindre lutte contre des licenciements ou la fermeture d’une entreprise, les travailleurs se trouvent confrontés à l’État, au gouvernement. Ne pas affaiblir le gouvernement sous prétexte qu’il est de gauche est toujours un piège mortel qui non seulement affaiblit la détermination des travailleurs mais fait le lit de l’extrême droite. Au point d’en arriver à la situation actuelle où le FN peut se présenter comme l’ami des travailleurs et des pauvres, alors que la perspective qu’il propose est la pire variante de la politique bourgeoise : celle qui ne cherche pas à composer avec le mouvement ouvrier mais qui veut le réduire au silence !

Devant la montée du FN due au dégoût de la politique provoquée par les alternances gouvernementales, aux décisions provoquées par les gouvernements de gauche, on rejouera la comédie plus qu’usée de la « défense de la République », de l’entente entre les partis dits républicains face au danger d’extrême droite.

Petite illustration récente : l’élection législative partielle de Beauvais où la direction du PS, écarté du deuxième tour, a, toute honte bue, fait voter pour la droite, représentée par un homme qui, durant toute sa carrière, a flirté avec l’extrême droite.

Présenter comme le rempart contre l’extrême droite un politicien de droite, qui traîne de surcroit une multitude de casseroles dans la corruption, voilà ce que nous proposera le PS demain, lorsque l’extrême droite se sera renforcée au point de menacer la démocratie bourgeoisie et, par la même occasion, le personnel politique qui en vit.

Cette attitude politique n’est pas une nouveauté : en témoigne le vote pour Chirac au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002, sous prétexte de barrer la route à Le Pen, qui n’était pourtant pas en situation de l’emporter. Vote indigne, qui avait réuni non seulement toute la gauche réformiste, mais aussi certains éléments de l’extrême gauche !

La pratique n’est pas nouvelle mais le contexte n’est pas le même aujourd’hui. La crise économique est devenue plus profonde, la pauvreté s’est généralisée. Le PS étant au pouvoir, il démontre aux yeux de tous sa servilité vis-à-vis de la grande bourgeoisie, et pousse l’électorat de gauche vers l’écœurement. C’est un contexte grave et qui peut s’aggraver encore, car la crise économique continue à s’aggraver, les exigences du grand patronat et des banquiers aussi, et le PS ne peut pas mener une autre politique que celle qu’il mène, même si elle est suicidaire pour lui.

La crise politique qui s’amorce rend la constitution d’un parti pour la classe ouvrière non seulement nécessaire mais urgente.

La classe ouvrière risque d’avoir face à elle un grand patronat de plus en plus impitoyable, déterminé à la mettre au pas, mais aussi une force politique d’extrême droite susceptible de lui en offrir les moyens.

Il serait vain d’essayer de deviner aujourd’hui si c’est l’ensemble du FN ou certaines de ses composantes qui constitueront cette force. Mais toute l’orientation du FN, par-delà les œillades lancées aux fractions les plus démoralisées et les moins conscientes des classes populaires, est tournée vers la perspective d’un régime plus autoritaire décidé à brider la classe ouvrière et ses organisations.

L’urgence est là. L’évolution actuelle des choses, la pression croissante du grand patronat, conjointement avec la pourriture de plus en plus visible du régime politique, contribueront peut-être à provoquer une réaction explosive de la classe ouvrière. Cette irruption brutale de la classe ouvrière sur la scène politique est une nécessité pour écarter les menaces. Mais elle ne suffit pas en elle-même. Il faut qu’elle soit guidée par la conscience, c’est-à-dire par des perspectives politiques claires et affirmées.

Dire cela, c’est insister sur la nécessité et l’urgence d’un parti représentant les intérêts politiques de la classe ouvrière.

Voilà à quoi devraient œuvrer tous ceux qui sont conscients des menaces, qui n’acceptent pas le rôle de victimes expiatoires du capitalisme en crise, et qui refusent d’être étranglés demain dans le silence et la résignation alors qu’ils ont encore la possibilité de s’opposer aux dangers qui menacent la société.

5 avril 2013


 
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