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Lutte de Classe, Série actuelle (1993 - )
n°153 (juillet-août 2013)
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Faire face à l’aggravation de la crise de l’économie capitaliste

Le monde en général et la France en particulier continuent à s’enfoncer dans la crise de l’économie capitaliste. Ce fait-là commande infiniment plus l’évolution et les soubresauts de la situation sociale et politique que la dérisoire agitation des responsables politiques.

Hollande a encore quelques semaines pour pérorer sur l’inversion de la courbe du chômage avant la fin de l’année. Personne n’y croit, pas même lui. Il n’y a aucun signe dans l’économie qui laisserait penser à une reprise.

Cinq ans après l’éclatement, en septembre 2008, de la crise financière dite des « subprimes », la production industrielle en France n’a pas retrouvé son niveau de 2007, déjà pas fameux. Le nombre de chômeurs augmente inexorablement, atteignant son maximum depuis la guerre mondiale. Les grandes entreprises, qui se livrent à des réductions brutales de leurs effectifs, en sont les principales responsables, mais aussi les bénéficiaires. Elles se servent des licenciements comme d’une arme de guerre, contre les travailleurs en premier lieu, pour peser sur les salaires et sur les conditions de travail, pour accroître la flexibilité et affaiblir la législation sociale. Jusqu’ici avec succès. L’aggravation de l’exploitation qui en résulte a permis aux grandes entreprises du pays de multiplier les dividendes distribués par sept en 21 ans ! (indication donnée par Les Échos, 28 mai 2013).

Le resserrement des effectifs, avec pour conséquence l’aggravation de l’exploitation, est également une arme contre la concurrence sur un marché mondial en recul. Les odes à la compétitivité, reprises en chœur par tous les dirigeants politiques d’un bout à l’autre de la planète, sont l’expression d’une concurrence de plus en plus acharnée.

Derrière les grandes entreprises du CAC 40, de Peugeot à Goodyear et bien d’autres, il y a tout le tissu des entreprises capitalistes, dont un grand nombre sont contrôlées par les grandes, que leurs maisons mères ferment ou que les donneurs d’ordres poussent à la faillite. Tout cela augmente le chômage et donc diminue la capacité de consommation des classes populaires qui, du coup, achètent moins.

La lutte pour la survie de chaque entreprise capitaliste dans la concurrence contribue au recul des marchés.

D’après la Coface, officine censée aider les entreprises à exporter, le nombre de faillites d’entreprises dites moyennes a augmenté en un an de 10 % et le nombre d’emplois supprimés à cause de ces faillites aurait augmenté de 15 %. Et cela concerne toutes sortes d’entreprises, des sous-traitants de l’automobile aux fabricants de fenêtres, en passant par des entreprises commerciales comme Virgin ou Télémarket, sans parler d’entreprises dont la presse s’est largement fait l’écho comme Spanghero.

L’intensification de la guerre commerciale

Les réunions au sommet entre les dirigeants des grandes puissances à l’échelle mondiale ou à l’échelle européenne n’ont sans doute jamais été aussi fréquentes, comme les rencontres entre les grands seigneurs de l’économie capitaliste, à Davos ou ailleurs. Mais, derrière ces grands-messes présentées comme l’expression d’une collaboration internationale pour sortir l’économie de l’ornière, la guerre commerciale s’intensifie. Derrière l’affichage d’une volonté commune pour maintenir le commerce international afin qu’il vienne au secours des économies nationales, c’est le chacun-pour-soi.

Chaque bourgeoisie cherche à préserver sa part de marché dans une économie mondiale en recul et, si c’est possible, à reconquérir une partie de celle de ses concurrentes. Et chacune de faire donner son État pour qu’il prenne des mesures protectionnistes, qui entraînent à leur tour des mesures de rétorsion. D’après le Global Trade Alert, qui répertorie les mesures protectionnistes à travers le monde, la tendance observée au cours du dernier trimestre 2012 et du premier de cette année est la pire depuis cinq ans.

Les États-Unis, l’Union européenne, la Chine s’opposent dans une guerre triangulaire qui se veut, pour le moment, feutrée. Les États-Unis ont imposé, il y a quelque temps déjà, des tarifs anti-dumping sur les pneus chinois. En réplique, Pékin a pris des mesures de rétorsion sur l’automobile américaine, mais aussi – où va se nicher le commerce international ? – sur les poulets à griller américains !

Voilà que l’Union européenne vient à son tour de se lancer dans la guerre des panneaux solaires. Sur demande de la France, Bruxelles s’en est prise aux panneaux photovoltaïques chinois qui concurrencent, paraît-il de façon déloyale, les panneaux photovoltaïques des pays européens qui en produisent. La France a été la première à réagir, en proposant des droits de douane protectionnistes dépassant les 40 % sur les panneaux solaires en provenance de Chine. Cette proposition a aussitôt déclenché la réaction virulente de l’Allemagne. En plein débat sur la question, Merkel a invité le chef du gouvernement chinois pour faire ensemble des déclarations enflammées sur les vertus du libre-échange ! Comme quoi la guerre commerciale entre l’Union européenne et la Chine en cache une autre : à l’intérieur même de l’Union européenne. Le journal Les Échos titrait, avec euphémisme, que, dans le conflit commercial entre l’Europe et la Chine, « la France et l’Allemagne ne jouent pas la même partition ». Il ne s’agit évidemment pas d’un débat doctrinal sur les vertus respectives du protectionnisme et du libre-échange. L’Allemagne exporte plus de trois fois en valeur ce qu’exporte la France. Elle a plus à redouter des mesures de rétorsion chinoises. La réplique de la Chine à la décision de Bruxelles de protéger la production des panneaux photovoltaïques a clairement ciblé la France, en menaçant de s’en prendre aux vins européens. Ce qui affecte certainement moins l’Allemagne ou la Suède que l’Italie, l’Espagne et surtout la France… L’Allemagne n’est pourtant pas récompensée de ses efforts. Pékin vient de s’attaquer aux grosses berlines dont la cylindrée dépasse les 2 litres. Là, la France ne craint pas grand-chose ; en revanche, l’Allemagne avec Mercedes, Porsche ou BMW…

Depuis novembre 2012, c’est l’industrie de la porcelaine qui a obtenu des mesures protectionnistes à l’encontre de la Chine, dont la production envahit, paraît-il, le marché français, passant de 15 % à 60 % des parts de marché. Mais on comprendra bien que les réactions des pays de l’Union européenne ne seront pas les mêmes en fonction de l’importance que cette industrie a dans chacun d’entre eux. Et les fabricants de porcelaine ne pèsent rien à côté des grands trusts de l’industrie lourde qui lorgnent vers la Chine. Rien que l’équipement en 4G du marché chinois des télécommunications représenterait quelque 56 milliards de dollars pour la seule année 2013. Marché convoité par quelques mastodontes, comme Alcatel-Lucent, nullement désireux d’être des victimes collatérales de mesures protectionnistes prises en Europe contre la Chine.

On retombe sur le même problème qu’à propos de la crise de l’euro : faute de s’être donné un appareil d’État unique, les différents pays de l’Union européenne tirent à hue et à dia en fonction des intérêts divergents de leurs bourgeoisies respectives. Ce n’est donc pas une reprise de l’économie mondiale qui relancera l’économie en France, malgré les rodomontades de Hollande. L’économie mondiale dans son ensemble va de plus en plus mal. La Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement (Cnuced) vient de rendre public le constat : les investissements directs à l’étranger ont chuté de 18 % durant l’année 2012.

Non seulement l’économie productive stagne et recule en Europe et, malgré quelques à-coups, ne redémarre pas aux États-Unis, mais la Chine et plus généralement ce que les économistes désignent sous le nom d’« économies émergentes » (Brésil, Inde, etc.), qui étaient censées tirer l’économie en avant, commencent à marquer le pas. Et toute l’économie, et en particulier les secteurs producteurs de biens matériels et de services réels, est assise sur une bombe financière.

La bombe financière

La masse de liquidités supplémentaires, fabriquées par les États et mises à la disposition du système bancaire en 2008 pour le sauver de la banqueroute, a été utilisée par les banques pour ainsi dire exclusivement pour alimenter les opérations financières. Les spéculations redoublées qui en ont résulté ont ébranlé l’euro et conduit à la crise de la dette des États. C’est en invoquant la nécessité de résorber l’endettement des États que les dirigeants de ces derniers se sont engagés dans des politiques d’austérité, c’est-à-dire des économies sur le dos des classes populaires. Économies sur les services publics indispensables, attaques contre les salariés du secteur public, attaques contre les retraites, contre l’assurance-maladie et les allocations familiales, etc.

Mais les conséquences de l’aide des États au système bancaire, que les classes exploitées et la société paient déjà depuis cinq ans, ne s’arrêtent pas là. Les sommes fantastiques injectées par les États et mises à la disposition des banques ont évité à l’époque la banqueroute immédiate. Mais la reprise des activités bancaires avec l’argent distribué par les États n’a pas supprimé les titres pourris qui ont failli provoquer, en 2008, une thrombose.

« Mille milliards d’euros, la somme a de quoi faire peur », affirme Les Échos des 7 et 8 juin 2013. « Six ans après le début de la crise, les actifs pourris, ou en tout cas invendables, des banques européennes, isolés dans des « bad banks », culminent encore à des sommets. C’est près du double de la puissance de feu du fonds de sauvetage européen ! Et c’est un démenti formel à tous ceux qui assurent que la crise de la zone euro est derrière nous. (…) D’autant moins que cette somme n’est que le sommet de l’iceberg. Car, dans le secret de leurs bilans, les “good banks” du Vieux Continent abritent encore de nombreux actifs douteux hérités des excès du milieu des années 2000, dont la valeur faciale n’a plus rien à voir avec la valeur économique. (…)

Mais sous le tapis bancaire de certains pays, la poussière toxique s’est tellement accumulée qu’elle a transformé les établissements locaux en zombies incapables de faire leur métier, c’est-à-dire prêter aux entreprises et aux particuliers. (…)

Mais une chose est sûre (…), ce grand nettoyage est la condition sine qua non du redémarrage de l’activité économique en Europe. »

Et l’article de conclure : « Au moment où de nombreuses voix s’élèvent pour alerter sur les bulles financières en cours de formation du fait de la politique monétaire ultra-accommodante des grandes banques centrales, régler le problème de la crise précédente est devenu plus qu’urgent. »

Eh oui, mais comment ?

Parmi les grosses têtes du monde capitaliste, nombreuses sont celles qui font le constat, mais aucune n’est capable d’apporter une solution, précisément parce qu’il n’y en a pas dans le cadre du système. Si l’économie mondiale donne de plus en plus l’image de cette maison de fous dont parlait Trotsky lors de la grande crise précédente, c’est que la crise pousse jusqu’au paroxysme les contradictions du fonctionnement économique.

« Il faut favoriser la croissance productive plutôt que la finance ». Mais comment faire, lorsque toucher à la finance et à ses profits, c’est toucher aux mêmes grands groupes capitalistes dont dépendent les investissements productifs ?

Tant que la politique des grandes banques centrales, celle des États-Unis mais aussi, d’une autre manière, celle de l’Union européenne, étaient d’offrir de l’argent frais aux banques pour ainsi dire gratuitement, l’accumulation des papiers pourris dans les circuits financiers ne préoccupait pas outre mesure les financiers. Mais il a suffi que le dirigeant de la banque centrale américaine annonce que cette politique d’argent gratuit ne peut pas durer éternellement pour que tout le système financier ressente le souffle de l’effondrement.

Le ralentissement de la production mondiale et la menace d’une nouvelle crise financière plus grave qu’en 2008 se conjuguent aujourd’hui pour donner aux publications économiques un ton alarmiste. Une seule page du journal Les Échos, dans son numéro du 25 juin 2013, témoigne par ses titres et sous-titres de cet affolement :

En en-tête : « La peur s’installe sur les marchés », pour insister en sous-titre : « La fin progressive du soutien de la Réserve fédérale et le ralentissement en Chine les plongent dans le désarroi ».

Puis : « Toutes les activités financières sont sous pression », « Le CAC 40 efface ses gains de l’année », « Le cuivre dégringole à son niveau de 2010 », « La fébrilité monte en Chine où les banques attisent les inquiétudes ».

L’économie capitaliste est sur un volcan. La déflagration économique entraînera – entraîne déjà – des soubresauts dans les domaines social et politique.

L’économie sur un volcan

Dans les pays impérialistes les plus riches, où les classes populaires ont accumulé dans le passé une certaine marge de sécurité, les changements politiques en restent, pour le moment, au terrain électoral : abstention massive aux élections traduisant le dégoût croissant vis-à-vis de la caste politique et poussée électorale vers l’extrême droite.

En Grèce et en Espagne, les classes populaires, inquiètes pour leur avenir mais déboussolées, ont commencé cependant à bouger. Voilà maintenant le tour de la Turquie et du Brésil…

Les expressions du genre « miracle brésilien » ou « miracle turc » ont toujours été des mensonges grossiers. Ces miracles, c’est-à-dire des taux de croissance économique supérieurs à ceux des grands pays impérialistes, se sont tous faits au profit de la bourgeoisie locale, et plus encore, derrière elle, de l’impérialisme. Les classes exploitées n’en ont jamais eu que de très vagues retombées. Le Brésil comme l’Afrique du Sud sont parmi les pays les plus inégalitaires.

Ce sont, en revanche, les classes exploitées qui subissent le plus fort le retournement de la situation, ou même seulement l’affaiblissement de la croissance. L’aggravation de la crise de l’économie capitaliste, à plus forte raison si elle est accentuée par une crise financière grave, entraînera inévitablement des explosions sociales. Le durcissement de la guerre de classe menée par la bourgeoisie provoquera des réactions. Après la Turquie et le Brésil, où ? En Afrique du Sud, en Corée et peut-être en Chine ? Des pays qui, malgré leur éloignement géographique, ont en commun d’opposer une classe privilégiée qui s’enrichit malgré la crise, et souvent en en tirant profit, et une majorité pauvre englobant de larges couches de la petite bourgeoisie mais aussi un prolétariat nombreux.

Personne ne peut dire sous quelle forme et à quel rythme les masses populaires seront poussées vers la mobilisation. Il s’agit, pour le moment, d’un nombre limité de pays et de mobilisations limitées.

Ce que l’on peut dire cependant, c’est que se pose déjà, et se posera de façon de plus en plus aiguë, la nécessité que, dans les soubresauts sociaux qui nous attendent, la classe ouvrière prenne conscience de ses intérêts politiques propres, de ses intérêts de classe.

En Turquie comme au Brésil, comme, avant ces deux pays, en Grèce et en Espagne, il s’agit pour le moment de mouvements de protestation ou, au mieux, de contestation. Les classes populaires qui reçoivent les coups réagissent instinctivement, en rejetant ce dont elles ne veulent pas, mais elles sont désorientées. Ce qu’on peut souhaiter, c’est que, le mouvement s’approfondissant, les masses cherchent et trouvent leur chemin.

Les objectifs des mouvements de protestation sont divers et surtout vagues, et sans contenu de classe. Des mobilisations sans contenu de classe sont condamnées à rester stériles, aussi massive que soit la mobilisation et aussi violentes ses formes d’action.

Même simplement pour préserver ses intérêts sur le plan matériel, c’est-à-dire contre le chômage et les licenciements et contre l’effondrement du pouvoir d’achat des salaires, il faut que la classe ouvrière soit consciente de ses intérêts de classe, intervienne pour les affirmer et se donne les moyens de les faire prévaloir.

Mais, précisément, si ces mouvements de contestation perdurent et s’approfondissent au fur et à mesure que les classes sociales prennent conscience de leurs intérêts, se posera la question de l’avenir de l’organisation sociale. La crise elle-même, expression de la faillite de la bourgeoisie et du capitalisme, la pose déjà objectivement.

Mais ce sont les hommes eux-mêmes qui font l’Histoire. Dans une période où la crise rend la lutte des classes plus aiguë, plus intense, tout dépend de la capacité du prolétariat à prendre conscience qu’il est le seul à représenter un autre avenir pour l’humanité que la continuation du capitalisme. La classe ouvrière est la seule à disposer de la capacité, non pas seulement à contester l’organisation capitaliste de la société et à protester contre ses dégâts, mais à la détruire et à s’engager dans la construction d’une organisation sociale nouvelle, sans propriété privée des moyens de production et, partant, sans profit individuel, sans concurrence, sans crise et sans marché financier. Mais cette capacité ne peut se déployer pleinement et aller jusqu’au bout que s’il existe des partis qui agissent dans cette perspective. Voilà pourquoi la question-clé de l’avenir est celle de l’existence de militants décidés à incarner cette option politique-là, capables de se regrouper en partis communistes révolutionnaires.

L’émergence de ces partis est indispensable également sur le terrain politique plus immédiat. L’aggravation de la crise avec une classe ouvrière politiquement atomisée, noyée au milieu d’autres classes, même si elle se traduit par de larges mobilisations, profitera socialement à la petite bourgeoisie, et peut profiter politiquement à des forces congénitalement hostiles à la classe ouvrière.

Que l’on se souvienne des précédents de la Tunisie et de l’Égypte, où des mobilisations réelles, même parties des exploités, ont fini par profiter aux forces réactionnaires islamistes.

Dans les pays plus développés, la bourgeoisie peut compter sur les appareils réformistes pour endiguer la mobilisation des exploités avant qu’elle prenne son envol. Et si, trop déconsidérés, les appareils syndicaux ou politiques ne sont pas capables de juguler la mobilisation, bien des variantes du réformisme, plus ou moins peinturlurées en rouge, sont candidates afin de surfer sur des mouvements de contestation, pour les étouffer au profit d’une solution acceptable par la bourgeoisie. Mais ceci est dans le meilleur des cas. Avec le recul de la conscience de classe, l’extrême droite elle-même pose sa candidature pour embrigader les couches pauvres des classes populaires afin d’installer des régimes autoritaires réactionnaires.

Au Brésil, si la révolte a commencé par les classes pauvres des villes, la petite bourgeoisie appauvrie et mécontente est rapidement entrée dans la mobilisation. Nous ne savons pas pour l’heure dans quel sens évolueront les événements dans ce pays et quelle sera la dynamique des relations entre classes sociales. Mais le fait que le gouvernement en place soit un gouvernement de gauche donne un large champ à toutes les forces de droite pour reprocher à ce gouvernement et, par là même, aux exploités eux-mêmes la gestion catastrophique de l’économie par la classe capitaliste.

La leçon à en tirer partout est que, sans boussole politique, sans conscience de classe, les classes exploitées, même si elles bougent, sont, au mieux, condamnées à servir de piétaille à d’autres catégories sociales, y compris à celles qui leur sont les plus hostiles.

La leçon vaut pour le Brésil, comme elle vaut pour l’Espagne, mais aussi pour la France. La mobilisation des masses, leur irruption sur la scène politique, sont encore ponctuelles, limitées, tâtonnantes. Mais la crise économique, en s’aggravant, peut être un formidable accélérateur de l’Histoire…


 
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