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Cette section de notre site est consacrée à la campagne de Lutte Ouvrière pour les élections législatives du 10 juin 2007. Nous présentions 1126 candidats titulaires et supplénts dans toutes les circonscriptions.
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La droite a les mains libres à l'Assemblée, aux travailleurs de l'empêcher d'appliquer dans le pays ce qu'elle aura décidé
Sarkozy aura donc la majorité qui lui permettra, comme il l'a dit, de tenir ses promesses faites à la droite. Et certainement bien d'autres promesses, pas encore annoncées, de mauvais coups envers les classes populaires.
Mais s'il se croit les mains libres, il a tort ! L'ensemble des salariés ne se laissera pas éternellement pousser vers la misère. Ce qui guette tous les travailleurs, non seulement les mal ou sous-payés mais aussi les moyennement payés, ce sont les plans sociaux, les licenciements, avec la perte de leur salaire remplacé par des indemnités de chômage insuffisantes pour vivre, jusqu'à se retrouver au RMI et se faire reprocher par la droite d'être « assistés ».
Sarkozy, comme pendant les cinq ans de gouvernement passés et de majorité de droite, pourra continuer à « assister » le patronat, surtout le grand, par des sommes qui atteignent ou dépassent largement la centaine de milliards d'euros. Rien que le pourboire de cadeaux fiscaux qu'il vient de faire aux plus riches pèsera de 11 à 15 milliards d'euros sur le budget de l'État. Mais cela, c'est uniquement une aumône pour récompenser ses électeurs. Pendant cinq ans, il pense pouvoir continuer à répondre présent à toutes les sollicitations du grand capital.
Mais s'il a les mains libres à l'Assemblée, Sarkozy ne les a pas dans le pays. Le monde du travail peut être sujet à des colères soudaines et imprévisibles. Il l'a montré dans le passé. La moindre petite grève ignorée peut, en certaines circonstances, se propager comme une traînée de poudre. De la poudre, le patronat va en répandre partout et, sans qu'on sache d'où elle vient, de Sarkozy probablement, une étincelle enflammera le tout.
Un ministre de Sarkozy a dit que le Parti Socialiste entretenait la haine des patrons chez les travailleurs. C'est prêter beaucoup au Parti Socialiste. La haine des patrons, c'est le patronat lui-même qui la suscite.
Rien qu'un tout petit exemple : il vient de se dérouler sur une zone industrielle de l'étang de Berre, dans les Bouches-du-Rhône. Quelques centaines de travailleurs de Cofathec, une filiale de GDF employant 1 200 personnes et qui s'occupe de la maintenance des installations dans plusieurs entreprises des raffineries (Esso, Total, Shell, BP) et dans la sidérurgie à Arcelor (ex-Sollac) à Fos, se sont mis en grève le 25 mai. Cela faisait suite à une quasi-provocation de leur direction qui avait proposé une simple augmentation de 1,5 % accompagnée de 26 centimes pour la prime de déplacement. Les grévistes ont cherché à étendre la grève dans la zone industrielle, et cela a marché. Cela s'est étendu ; peu, mais étendu quand même. Cela n'a pas été à l'appel des syndicats, mais avec dix travailleurs par-ci, trois par-là, cela a touché plusieurs entreprises de la zone, en dehors de Cofathec.
Sarkozy et le patronat du voisinage ont dû prendre peur, car le sous-préfet lui-même est intervenu et le patron a cédé en grande partie aux revendications des grévistes.
Pourquoi ? Parce qu'aussi bien Sarkozy que le patronat environnant craignaient l'extension. Cela évidemment aurait été gênant à la veille d'une élection. Mais la crainte était là quand même.
Bien sûr, ils veulent faire une grande partie de leurs mauvais coups cet été, pendant les vacances. Mais l'écœurement sera d'autant plus grand à la rentrée.
La conclusion est que Sarkozy aura une majorité de béni-oui-oui dans son Assemblée, qui voteront, comme un seul homme, ce qu'il voudra.
Mais quant à tout faire appliquer, c'est un autre problème. Ce n'est pas l'Assemblée qui lui mettra des bâtons dans les roues, ce sont les grèves. De Gaulle a connu cela. Sarkozy est trop jeune pour avoir retenu toutes les leçons de l'histoire, mais chacun doit faire son expérience !
Arlette LAGUILLER
Éditorial des bulletins d'entreprise du 11 juin
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Le premier tour des élections législatives : un résultat sans surprise
Au soir du premier tour de l'élection présidentielle, tous les représentants des grands partis politiques de droite et de gauche se félicitaient du taux élevé de la participation : près de 84 % des électeurs inscrits s'étaient rendus aux urnes. Ils y voyaient la preuve que les citoyens se passionnaient de nouveau pour la vie politique, et une « victoire de la démocratie ».
Au soir du premier tour des élections législatives, les mêmes devaient constater qu'avec près de 40 % d'abstentions, le record dans ce type d'élections depuis les débuts de la Ve République était largement battu. Mais très vite les commentateurs cessèrent de s'interroger sur ce résultat qui ridiculisait les propos qu'ils avaient tenus sept semaines auparavant, pour ne plus parler que de l'importance de la « déferlante bleue », du succès de l'UMP.
Cette abstention record n'aurait pourtant dû surprendre personne. Beaucoup d'électeurs ont considéré que les jeux étaient faits depuis le 6 mai. Depuis la modification du calendrier électoral par le gouvernement du socialiste Jospin, qui place les élections législatives immédiatement après la présidentielle, le parti qui a gagné la présidentielle est assuré de ce fait d'une victoire aux législatives, comme l'ont montré les exemples de 1981, 1988 et 2002. Du coup, ces élections, destinées à élire un Parlement sans grand pouvoir, deviennent une formalité qui n'a aucune raison de passionner l'opinion.
En nombre de voix, l'UMP et ses alliés se réclamant de la majorité présidentielle n'ont pourtant pas obtenu la majorité des suffrages (41,91 % des voix). Et cela bien que la pompe à aspirer les suffrages lepénistes ait continué à fonctionner (encore qu'il soit difficile de savoir quelle fraction de l'électorat du Front National a voté pour l'UMP, et quelle fraction s'est abstenue). Mais si l'UMP et ses alliés n'atteignent pas la majorité absolue des voix, la loi électorale aidant, ils sont d'ores et déjà pratiquement assurés d'occuper les trois quarts des sièges de l'Assemblée nationale.
L'opération lancée par Bayrou avec son MoDem s'est aussi enlisée dans ce bourbier électoral. Les 18,57 % des voix obtenus par Bayrou à la présidentielle se sont mués en un 7,61 % le 10 juin, lui retirant tout espoir de constituer un groupe parlementaire de droite concurrent à l'UMP, et peut-être même d'être représenté à la Chambre des députés, en dehors de son cas personnel, puisqu'il bénéficiera d'une « non-concurrence » de l'UMP.
Le Parti Socialiste de son côté n'a pas réussi à conserver son électorat du premier tour de la présidentielle, ni en voix, ce qui est logique du fait de l'importance de l'abstention, ni même en pourcentage (24,73 % contre 25,87). Et il va payer au deuxième tour le fait qu'il ne pourra guère compter sur l'apport des voix de ses alliés, bien que le Parti Communiste se soit finalement mieux tiré d'affaire que ce qu'envisageaient les pronostiqueurs. Il ne pourra certes pas constituer un groupe parlementaire mais, grâce à des personnalités connues, à son implantation locale, il comptera plus de députés que les Verts, qui ne peuvent espérer qu'un nombre très réduit de sièges. Mais le résultat du PCF à l'échelon national, avec ses 4,25 %, s'il est bien meilleur que celui de Marie-George Buffet à la présidentielle, est insuffisant pour permettre d'obtenir au deuxième tour de nombreux élus parmi les candidats en ballottage.
Sarkozy est donc assuré, dès avant le deuxième tour, de disposer d'une majorité à sa botte, qui votera sans rechigner (du moins au début, tant qu'aucune agitation sociale ne viendra troubler le paysage politique) tout ce qu'il voudra, toutes les prétendues « réformes », destinées à s'attaquer au monde du travail. Mais c'est justement sur le terrain social qu'il risque de rencontrer des problèmes, car si le chômage, les désillusions apportées par les gouvernements de gauche, le résultat des dernières élections, l'absence de perspectives offertes par les directions syndicales, ont démoralisé la classe ouvrière, les forces de celle-ci sont intactes.
Et ceux qui prétendent que le pouvoir réside uniquement dans les urnes pourraient bien s'apercevoir un jour prochain que les luttes ouvrières et que les grèves peuvent faire bien plus que les bulletins de vote.
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Les résultats de Lutte Ouvrière
Lutte Ouvrière présentait des candidats dans presque toutes les circonscriptions de la métropole, ainsi qu'à la Réunion, en Martinique, en Guadeloupe (avec, dans ces deux dernières, Combat Ouvrier).
Nous avions prévu, bien avant le résultat de l'élection présidentielle, que la campagne menée par le Parti Socialiste en faveur d'un vote prétendument « utile » jouerait fortement en notre défaveur. Et dans ces élections législatives organisées dans la foulée de la présidentielle il aurait été stupide d'espérer un meilleur résultat.
Les 563 candidates et candidats de Lutte Ouvrière se présentaient pour avoir l'occasion d'exposer largement le programme de défense des travailleurs, qu'il nous paraît indispensable de populariser, dans la perspectives des luttes sociales à venir.
De ce point de vue, les 218 264 électeurs (0,86 %) qui, en votant pour nos candidats, se sont reconnus dans ce programme, ne sont pas négligeables.
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Le Front National « laminé » après les législatives ? Des idées réactionnaires toujours présentes
Avec 4,29 %, le Front National a réalisé son score le plus bas depuis plus de vingt ans. Jusqu'à présent, même s'il n'atteignait pas aux élections législatives les 16,86 % recueillis par Le Pen aux présidentielles de 2002, il obtenait autour de 10 % en 1986 et 1988, 15,4 % en 1997 et encore 11,34 % en 2002.
Pour les médias, ce recul marquerait la fin du Front National : « Une sale histoire qui touche à sa fin », titrait Libération le 12 juin, et Le Monde du même jour dressait « l'acte de décès de l'extrême droite », où se referme « une longue, trop longue parenthèse ».
Quant à Rachida Dati, ministre de la Justice, elle déclarait dimanche soir 10 juin « qu'on peut se réjouir que les Français qui votaient Front National reviennent dans le champ républicain »... en portant leurs voix sur les candidats de la majorité présidentielle.
Il est indéniable que les voix perdues par le FN ont été en grande partie récupérées par l'UMP. Cela a commencé avec l'élection présidentielle, où Sarkozy avait repris les thèmes chers à Le Pen sur l'immigration, la xénophobie, le mépris affiché envers les travailleurs, etc. Il a réussi son opération de détournement de voix d'autant plus facilement que les électeurs qui votaient auparavant pour l'extrême droite ont vu, avec Sarkozy, la possibilité que leurs idées soient mises en pratique au gouvernement. Les élections législatives n'ont fait que confirmer le choix de ceux-là, et ont poussé une partie des autres à l'abstention.
Le FN retrouvera-t-il dans l'avenir les résultats qu'il faisait précédemment ? Cela reste tout à fait possible, car les conditions qui ont permis son ascension n'ont pas disparu. En tout cas, même si le nombre de voix du FN a chuté, les idées réactionnaires qu'il propage sont toujours bel et bien présentes. Elles ont juste changé de porte-parole, Sarkozy et ses comparses s'en faisant des représentants pour l'instant plus crédibles. Et le « champ républicain », tel que le défend Rachida Dati, dégage des odeurs à peine moins nauséabondes que celui d'un Le Pen.
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