lutte ouvriere
Présidentielle 2002
- ce que nous écrivions après la présidentielle de 1995 -
mis à jour le 26/04/2002   

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•• Présentation
•• Après le premier tour 2002
•• Ce que nous écrivions après 1995
•• Textes divers de la campagne
•• Les affiches de la campagne

Sommaire de cette rubrique

•• Déclarations au soir du premier tour
•• 28/04/95 - Après le premier tour
•• 28/04/95 - Nos résultats
•• 28/04/95 - Le parti qu'il faudrait
•• 12/05/95 - Construire le parti
•• 02/06/95 - Le parti à construire

28/04/95 (LO #1399) - On a la force de ses idées

     Avec 1 616 566 voix, Arlette Laguiller fait plus que doubler ses voix par rapport à 1988. aujourd'hui, bien des commentateurs essaient d'expliquer pourquoi et comment une petite candidate - et candidate pour la quatrième fois ! - a pu passer le cap des 5% et recueillir un nombre de voix significatif. Et de parler de "bonne campagne", de bonnes prestations télévisuelles, d'une personalité sympathique, etc.
     Non, cela n'explique rien.
     Bien sûr, pour la première fois, elle a été invitée à des émissions politiques importantes, mais toujours ou presque à titre de "petit candidat". Car en dehors des émissions officielles de la campagne elle-même, les télévisions avaient fait d'avance leur classement: les grands, les moyens, les petits candidats. Cela a donné, pour Arlette Laguiller, sept minutes à "7/7" (qui a consacré une émission entière à Le Pen), un partage méticuleux du temps à "La marche du siècle" entre les quatre "petits" (à l'époque, Hory, Waechter, Voynet et Laguiller), etc.
     Non, la télévision n'explique pas le phénomène. Ni la presse, parfois sympathique, forçant un peu le trait sur "la petite employée vivant dans un HLM des Lilas entre les tomes de Trotsky et ses plantes vertes", mais aussi parfois carément malveillante.
     Non, si Arlette a gagné plus d'un million de voix par rapport à son score de 1988 (606 017 voix recueillies alors), elle le doit aux idées qu'elle défend. Arlette n'a avec elle, ni députés, ni conseillers régionaux, ni élus, ni notables, ni surtout des militants partout. Car Lutte Ouvrière est une petite organisation qui n'est présente que dans quelques grandes régions et centres industriels, mais qui manque cruellement d'implantation dans tout le pays, qui manque d'un réseau de militants et de sympathisants, d'un milieu semblable à celui du PCF, par exemple.
     Si Arlette a gagné des voix, elle le doit à la force des idées qu'elle défend, des idées qui ont trouvé aujourd'hui un accueil plus important, parce que la situation sociale dégradée provoque elle-même des interrogations, des indignations, un sentiment d'injustice et de colère qui demande une réponse.
     Avec son plan d'urgence pour la défense des travailleurs, Arlette Laguiller, au nom de Lutte Ouvrière, a su exprimer la volonté de ceux qui ne veulent plus être les sacrifiés de la course au profit. Elle a dit des vérités que plus d'un million six cent mille personnes souhaitaient entendre. Elle les a dites sans concession, sans complaisance pour les riches et les puissants et les hommes politiques d'hier et de demain.
     Elle a dit que le monde du travail est menacé, qu'il faut prendre des mesures immédiates pour arrêter la course à l'exclusion. Elle l'a dit concrètement, rigoureusement.
     Et elle a été entendue. Pas assez, sans doute, pour créer un nouveau rapport de forces, mais assez cependant pour rallier des voix ouvrières, des voix de jeunes, des voix populaires, conscientes de l'urgence et de la nécessité de mettre un coup d'arrêt à la politique menée depuis vingt ans.
     Il ne faut pas chercher ailleurs l'explication du succès "inattendu" d'Arlette Laguiller. En bons matérialistes, nous croyons à la force des idées quand elles rencontrent l'attente des masses. On ne peut sans doute pas encore parler vraiment de masses quand on ne compte que 1 600 000 approbations sur 31 millions de suffrages exprimés, mais on peut légitimement parler d'espoir et de perspectives.

Colette Bernard.