Présidentielle 2002 - au soir du second tour -
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06/05 - Communiqué de Lutte Ouvrière sur les législatives
La LCR nous avait proposé, pour les élections législatives à venir, un accord "technique" de répartition des circonscriptions entre nos deux organisations. Elle se refusait à une prise de position politique commune au travers d'une profession de foi commune. Elle souhaitait simplement qu'il y ait un appel commun à voter l'une pour l'autre mais sans qu'il y ait une base politique commune. De plus, l'accord qu'elle proposait la laissait libre, dans les circonscriptions de son choix, de s'appuyer sur des candidats qui n'appartenaient pas à la LCR, mais sont des "cadres locaux", selon son expression, qui l'auraient soutenue dans la campagne électorale.
Ces propositions nous laissaient déjà dubitatifs car renoncer à notre présence dans la moitié des circonscriptions sans avoir une profession commune à l'ensemble du pays et en appeler à voter pour des gens que nous ne connaissons pas ne nous paraissait pas être un véritable accord.
Enfin, nous savions qu'au sein de la LCR, il existait une forte opposition à l'alliance avec nous. Et, étant donné la liberté d'action de ses militants, nous savions qu'un nombre non négligeable n'aurait pas respecté cet accord.
C'est pourquoi nous avons tardé à donner notre réponse en attendant de voir l'attitude de la LCR vis-à-vis du second tour de l'élection présidentielle.
Les prises de position respectives de LO et de la LCR par rapport à la campagne visant à gonfler la baudruche Le Pen afin de justifier l'alignement honteux des partis de la gauche plurielle derrière Chirac ont illustré l'étendue des désaccords entre les politiques des deux organisations. Alors que LO a dénoncé, dès le début, la prostitution des partis de la gauche plurielle devant Chirac pour lui fournir un plébiscite afin d'éviter toute discussion sur les causes de leur propre défaite au premier tour, la LCR a reproduit à son échelle mais à l'identique, l'attitude de la gauche ex-gouvernementale.
Par ailleurs, tout en faisant à LO la proposition d'une répartition des circonscriptions, la LCR a déjà annoncé ses propres candidats dans un certain nombre de départements.
Dans ces conditions, il n'est pas question pour LO de rechercher un accord avec la LCR qui, quelles qu'en soient les modalités, feraient apparaître les politiques des deux organisations comme proches, ce qui n'est pas le cas. Aux législatives, chacune pourra donc défendre sa propre politique, et Lutte ouvrière sera présente dans toutes les circonscriptions.
05/05 - Intervention d'Arlette Laguiller sur les résultats du second tour
Comme il était absolument prévisible, Le Pen n'a pas obtenu plus de voix que celles qu'il avait obtenues, avec son compère Mégret, au premier tour.
Ce qui signifie, tout d'abord, comme nous l'avons dit et redit, que Le Pen aurait été très facilement battu avec les seules voix de la droite, laquelle avait obtenu au premier tour le double des voix de Le Pen.
Cela signifie aussi que les digireants de la gauche se sont prostitués pour rien et ont fait de Chirac le président de loin le mieux élu de la Vème République, même De Gaulle n'en a jamais eu tant.
Les dirigeants de la gauche viennent ainsi de nous dire, de la pire des façons, que la gauche gouvernementale et la droite gouvernementale se ressemblent beaucoup plus qu'elles ne se différencient.
Les dirigeants de la gauche ont gonflé la baudruche Le Pen en sachant pertinemment que Le Pen n'avait aucune chance, et de très loin, de l'emporter au 2ème tour, mais ils ont agité l'épouvantail Le Pen, comme s'il pouvait être élu. Ils ont agité le spectre du fascisme qui n'était pourtant dans la situation présente qu'un spectre d'opérette même si les idées de Le Pen représentent cette survivance.
Les dirigeants de la gauche ont réussi, depuis 15 jours, à éviter, vis-à-vis des classes populaires, toute explication sur la cause de la désaffection de l'électorat de gauche à leur égard et sur la baisse des voix du Parti Socialiste et de l'effondrement de celles du Parti Communiste.
La campagne qu'ils ont menée en faveur de Chirac était aussi honteuse qu'inutile et artificielle, ce qu'ils savaient bien évidemment.
Pour notre part, nous avons refusé de nous aligner sur cette campagne et refusé de nous abaisser à appeler à voter pour Chirac. On nous accuse souvent de défendre un programme dépassé mais nous sommes fiers d'être fermes sur nos idées et de ne pas retourner notre veste à la première occasion venue.
Chirac, quelle que soit l'hypocrisie dont on explique le vote pour lui, qu'on parle de prendre son bulletin avec des gants ou avec une pince sur le nez, est un ennemi du monde du travail.
Il faut savoir qu'en particulier dans les entreprises nombre de travailleurs, de militants ou d'électeurs du PC, se refusaient à voter Chirac. Même si leur nombre n'est pas suffisant pour apparaître dans les statistiques, il comptera sûrement dans les luttes de l'avenir.