Accueil du site
>Sommaire régional
>Brèves locales
Dimanche 20 mai, au large de Mayotte, cinq personnes ont péri et quinze sont portées disparues dans le naufrage d’une embarcation venue d’Anjouan, une des îles de l’archipel des Comores. Pour ceux qui tentent, au risque de leur vie, ces traversées dites « clandestines », la raison est toujours la même : espérer à Mayotte une vie un peu meilleure que celle qu’ils connaissent aux Comores.
Auparavant, la population comorienne pouvait circuler plus librement entre les différentes îles, c’est-à-dire sans avoir besoin de visa. Mais depuis janvier 1995, l’instauration d’un visa par le gouvernement Balladur a privé la population comorienne de ce droit.
Lors de son passage à Mayotte, le candidat Hollande était resté très évasif sur le rétablissement du droit de circulation des Comoriens, insistant plutôt sur le renforcement des moyens techniques pour freiner l’ « immigration clandestine ». Autant dire que le président Hollande ne fera rien pour abroger le décret criminel de Balladur, responsable de centaines, si ce n’est de milliers, de morts.
Cette abrogation reste à imposer.
Le Journal de l’Île de la Réunion informe que François Hollande a écrit aux patrons de la Fédération des entreprises d’Outre-mer, pour les rassurer sur la politique qu’il entend conduire. Son gouvernement ne toucherait pas à la défiscalisation dans les DOM et s’engagerait, au contraire, à consolider leur montant actuel. Hollande promet d’étudier un renforcement des zones franches d’activités qui permettent aujourd’hui aux capitalistes des DOM d’être exonérés d’un certain nombre de cotisations patronales et de taxes.
Si le candidat désormais président s’était contenté de faire de vagues promesses aux travailleurs à propos de quelques mesurettes qu’il a l’intention de prendre en leur faveur, aux patrons il annonce d’ores et déjà qu’il va continuer, comme sous Sarkozy, à les bichonner.
Le slogan de campagne de Hollande était « Le changement c’est maintenant ». Fallait-il comprendre qu’il s’agissait uniquement d’un changement de personne mais pas de politique ?
Ghislaine Joachim-Arnaud, secrétaire générale de la CGT Martinique, avait été condamnée en première instance à 3 000 euros d’amende et 1 euro de dommages et intérêts, sur plainte de l’association Collectif DOM pour « incitation à la haine raciale ». Un comble !
Cette plainte émanait des milieux patronaux parce que Ghislaine Joachim-Arnaud avait écrit en créole, sur le livre d’or d’une chaîne de télévision : « Matinik sé ta nou, Matinik sé pa ta yo, an band béké volè, pwofitè nou ké fouté yo déwô », slogan repris par des dizaines de milliers de manifestants lors de la grève générale de 2009. (« La Martinique est à nous, elle n’est pas à eux ; une bande de békés voleurs, profiteurs, on les mettra dehors ».)
Le jugement en appel qui vient d’avoir lieu a été, pour Ghislaine-Joachim-Arnaud, une nouvelle occasion de souligner le caractère inique des arguments des gros possédants, notamment békés, descendants des vieilles familles esclavagistes.
Le 3 mai, lors du procès en appel, notre camarade, porte-parole de Nathalie Arthaud en Martinique, a été relaxée. Tous les travailleurs et les opprimés ne peuvent que se réjouir de ce verdict.
Après plus d’un mois de grève, les travailleurs de la CAF et de la Sécurité sociale de Mayotte (la CSSM) viennent d’obtenir gain de cause.
A partir du mois de juillet, la CAF et la CSSM seront intégrées au sein de la convention collective nationale. De plus, les salariés des deux caisses ont arraché la majoration de salaires de 40 % appliquée dans les autres DOM. Celle-ci se fera de façon progressive, mais 5 % sera accordé à partir du mois de juillet.
Leur lutte a fini par payer !
Le 29 décembre 2011, après 44 jours de mobilisation, la population mahoraise avait obtenu une baisse des prix sur 11 produits de première nécessité. L’accord conclu à l’époque entre le patronat et certains syndicats ayant pris fin le 31 mars dernier, les prix sont partis à nouveau à la hausse. Certains produits sont même dorénavant plus chers qu’avant l’accord !
Par exemple, le sac de riz qui était à 21,50 euros avant l’accord est aujourd’hui vendu à 22,90 euros ; la bouteille de gaz, quant à elle, est passée de 31 euros à 32 euros !
Non seulement les commerçants, en particulier ceux de la grande distribution, ne se sont pas gênés pendant trois mois pour augmenter les prix des marchandises non concernées par l’accord, mais ils veulent à présent rattraper le peu qu’ils ont dû céder à cause de la grève.
Le patronat ne lâche jamais rien. Aux travailleurs d’en faire autant, en exigeant l’augmentation générale des salaires et leur indexation sur la hausse des prix !
Lundi 19 mars, des agriculteurs de la CGPER, avec à leur tête le président de la Chambre d’Agriculture, ont manifesté à l’intérieur du Carrefour de Sainte-Suzanne. Après avoir effectué le relevé des prix des légumes vendus dans ce magasin, ils ont affirmé, chiffres à l’appui, que la grande surface vendait ces produits entre 20 et 45 % plus cher que sur les marchés forains, bien qu’ayant bénéficié de millions d’aides du conseil général pour les faire baisser.
Que les grandes surfaces se fassent des marges éhontées sur le dos des consommateurs, c’est une évidence et un scandale. Mais le scandale est bien plus général. Face aux consommateurs, les patrons, grands et même petits, décident de leurs prix. En revanche, les travailleurs ne peuvent jamais fixer le montant de leur salaire.
Celui-ci est toujours le résultat d’un rapport de force. L’augmentation des salaires et leur indexation sur la hausse des prix doivent donc être imposées.
Les travailleurs de la Star, société de ramassage des ordures, se sont mis en grève le lundi 19 mars pour demander une revalorisation des salaires de 4 %, contre les 2 % proposés par la direction de l’entreprise lors des négociations annuelles obligatoires.
Les salariés en grève rappellent, à juste titre, que la Star, qui détient plus de 70 % du marché de transport des déchets dans l’île, a les moyens de payer, et bien plus que ce qu’ils demandent.
Les grévistes, qui sont majoritaires, ont bien compris que le seul moyen d’obtenir les augmentations qu’ils réclament, c’est de les arracher !
Après les manifestations contre la vie chère qui ont eu lieu fin février, la préfecture et les patrons ont proposé aux syndicats de salariés de participer à des ateliers de travail ayant pour objectifs « la transparence et le juste prix des carburants » et « la transition énergétique de la Réunion ». Doit être aussi discuté un « Pôle régional d’innovation sociale et de modernisation des entreprises » (Prisme), présenté comme un « organe de dialogue social ».
Presque tous les syndicats s’y sont précipités, accrocs qu’ils sont aux palabres inutiles aux côtés du patronat local et de son représentant à la préfecture.
Les travailleurs n’ont, bien sûr, rien à attendre de toutes ces discussions de salon !
Après les émeutes contre la vie chère, il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les présidents du conseil général et du conseil régional, le préfet, les maires et tout ce que La Réunion compte comme prétendus décideurs, trouvent quelques dizaines de millions d’euros pour faire baisser le prix du gaz, du gazole et du super. Mais sans toucher aux sacro-saints bénéfices des compagnies pétrolières. Il ne fallait pas trop leur en demander.
Mais même pour le peu qu’ils ont été contraints de céder, il a fallu une explosion de colère, le seul langage que les gouvernants connaissent.
Quand ils sont pris la main dans le sac, les politiciens et patrons véreux ne sont condamnés qu’à rembourser une maigre part de ce qu’ils ont volé à la société. Et bien souvent, leur condamnation est assortie d’un sursis.
En revanche, la justice bourgeoise vient de montrer qu’elle avait la main beaucoup plus lourde quand il s’agissait de condamner des lanceurs de galets ou de cocktails molotov issus des quartiers populaires. Eux, ont été condamnés à de la prison ferme. Jugés en comparution immédiate, ils se sont retrouvés derrière les barreaux, pour des périodes pouvant aller jusqu’à deux ans de prison ferme.
Les patrons voleurs, licencieurs et l’État, qui est leur complice, ne sont quasiment jamais condamnés, alors qu’ils plongent dans la misère des milliers de familles. Ce sont eux qui devraient être privés de la liberté d’exploiter la population.
Libération immédiate pour tous les jeunes emprisonnés !
-