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Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
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1954, la victoire de Dien Bien Phu.

Le 7 mai 1954, il y a cinquante ans, le corps expéditionnaire français capitulait devant les combattants vietnamiens à Dien Bien Phu. Cette victoire militaire sonnait le glas de l’occupation coloniale française en Indochine où, depuis le milieu du 19ème siècle de riches colons, protégés par l’armée, amassaient des fortunes en exploitant des centaines de milliers d’ouvriers agricoles dans les plantations d’hévéas où l’on produisait de la gomme à caoutchouc, celle-la même qui a enrichi Michelin. Des centaines de milliers d’autres ouvriers travaillaient dans les mines de charbon, dans les ports et autres usines, à raison de 12 à 14 heures de travail par jour. Les opposants à ce régime infernal étaient condamnés par les tribunaux français au travail forcé dans des camps tristement célèbres comme celui de Poulo Condor.

Mais le combat pour mettre fin à l’exploitation coloniale ne devait pas finir avec le départ des troupes françaises qui furent bientôt remplacées par des troupes américaines.

Il fallut au peuple vietnamien endurer encore vingt ans de souffrances sans nom, les bombardements au napalm, les tortures, les massacres pour recouvrer son indépendance.

Mais cette indépendance, si elle rendait sa dignité au peuple vietnamien ne pouvait résoudre tous les problèmes si elle restait cantonnée dans l’étroitesse d’une politique nationaliste.

La lutte pour la libération du peuple vietnamien, organisée dès le début des années 1930 par le Parti Communiste Vietnamien, fut pourtant réorientée par les staliniens vietnamiens vers une politique strictement nationaliste, consistant à faire la part belle aux intérêts de la petite bourgeoisie vietnamienne, au détriment des masses ouvrières et paysannes.

Les militants trotskistes vietnamiens représentaient une autre option. Ils luttaient aux côtés des comités populaires qui se formaient dans le Sud du pays, où les paysans commençaient à occuper des terres et les ouvriers leurs usines, constituant une concurrence insupportable pour les staliniens. Aussi, ces derniers pourchassèrent et massacrèrent-ils les militants trotskistes vietnamiens, regroupés dans deux organisations, la Ligue communiste Internationaliste et le groupe la Lutte, dont le dirigeant Ta Tu Thau fut assassiné en 1946.

Aujourd’hui cinquante ans après, le peuple vietnamien a gagné son indépendance, mais il reste sous la coupe de l’impérialisme et de ses propres exploiteurs. Les capitalistes des ex-puissances coloniales, française et américaine, reviennent y proposer leurs « services », et un certain Jacques de Châteauvieux, bien connu des travailleurs de la Réunion, y possède des milliers d’hectares de cannes à sucre et une centrale électrique.

La révolution sociale reste encore à faire au Vietnam !


 

 
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