photo site national ligne
hebdomadaire ligne
mensuel ligne
audio-LO ligne
U.C.I. ligne
la fête ligne
enveloppe
Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
imprimante
À PROPOS DE LA GRÈVE DES PATRONS TRANSPORTEURS

Après cinq jours de blocage des principaux axes routiers de l’île, les patrons transporteurs ont obtenu satisfaction. S’étant mobilisés contre les dernières augmentations des prix des carburants, ils ont obtenu une diminution de 20 centimes d’euro au litre. Pour le reste de la population, la baisse sera de 10 centimes. Les négociations se sont tenues en présence du préfet, des représentants de la Région, du Département et de la Chambre du commerce et de l’industrie.

Vendredi 7 novembre, le préfet annonçait une diminution du prix des carburants de cinq centimes. Puis, le lundi 10 novembre, il a finalement doublé la mise portant la baisse à dix centimes par litre. La Région, dirigée par le Parti communiste réunionnais, avait elle aussi été sollicitée par les dirigeants des transporteurs. Alors que dans un premier temps la Région avait déclaré ne rien pouvoir donner, elle a finalement octroyé elle aussi dix centimes par litre, financés par une rentrée supplémentaire de l’octroi de mer, encaissée suite à la flambée des prix des carburants, soit l’équivalent de 2,3 millions d’euros.

Les patrons transporteurs obtiennent ainsi très exactement ce pourquoi ils se sont mobilisés, à savoir une réduction de 20 centimes au litre. A cela pourrait s’ajouter pour eux d’autres avancées, puisqu’à leur demande le gouvernement envisagerait une détaxation du prix du gazole.

Ces patrons ressortent donc vainqueur du bras de fer qu’ils ont entamé. Non seulement ils ont obtenu satisfaction mais, qui plus est, ils ont bénéficié de la sympathie, ou du moins de la compréhension d’une grande partie de la population, surtout lorsqu’ils ont affirmé vouloir une diminution du prix de l’essence pour tous.

Il n’en reste pas moins que beaucoup de travailleurs ont, à juste titre, été prudents, méfiants même, et se sont bien gardé de crier victoire aux côtés des patrons. Et ils ont raison. Car se sont ces mêmes patrons qui exploitent sans vergogne et à longueur de temps leurs propres salariés, avec des salaires au Smic, des heures supplémentaires non payées, des conventions collectives pas respectées, sans parler de la chasse aux syndicalistes souvent pratiquée dans ces entreprises. Malgré les grands airs que prennent les patrons transporteurs, dont certains se posent en sauveur de la population, il est sûr que ce qu’ils ont gagné sera uniquement pour eux, rien que pour eux… et rien pour leurs employés.

Mais là où les patrons ont réussi, les travailleurs le pourraient tout autant. Eux aussi subissent la cherté de la vie, et bien plus que les patrons encore qui tous possèdent un capital plus ou moins important. Et quand les travailleurs n’ont vraiment plus rien, quand ils perdent leur emploi, il ne leur reste que le RMI qui permet à peine de survivre. La vie chère et le chômage frappent de plein fouet la population réunionnaise. Ces derniers mois les hausses très importantes des produits de première nécessité, en premier lieu alimentaires, mais aussi les carburants, le gaz, les loyers, se sont ajoutées aux décisions néfastes du gouvernement, tels que le déremboursement des médicaments, les franchises médicales.

Alors, que manque-t-il au monde du travail ? La conscience de sa propre situation ? Une envie de la changer ? Absolument pas. Ce qui lui manque c’est avant tout la conscience qu’il peut inverser l’ordre des choses. Qu’uni il peut renverser les obstacles qui se dressent devant lui. Ce qui lui manque en fait, ce sont des organisations qui puissent lui redonner confiance en sa force. La lutte contre les augmentations des prix auraient du être prise en charge par les organisations du monde ouvrier. Mais parce qu’elle ne l’ont pas fait elle ont permis à ce qu’une catégorie d’exploiteurs se pose en défenseur de la population, y compris des salariés.

Les travailleurs ont toutes les raisons d’exiger leur dû, de se battre pour l’obtenir. Et si cela était, on verrait alors les patrons, y compris ceux du transport, se réfugier dans le giron du Préfet pour qu’il les protège.


 

 
Adresser toute correspondance à Lutte Ouvrière - BP233 - 75865 Paris Cedex 18
Lutte Ouvrière c/o Editions d'Avron, 6 rue Florian, 93500 Pantin - Tel : 01 48 10 86 20 - enveloppe - enveloppe