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Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
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À propos du congrès du PCR

Le Parti Communiste Réunionnais a réuni en congrès, début décembre, plusieurs centaines de ses militants à Saint-Louis.

Constatant la dégradation de l’emploi et les grandes difficultés économiques rencontrées par des centaines de milliers de Réunionnais, le PCR a estimé que cette situation nécessite que la population prenne conscience de la nécessité pour elle de se prendre en main.

Paul Vergès s’est ainsi déclaré « opposé à l’assistance et au manque de confiance en soi » des Réunionnais. Certes, il faut que les Réunionnais, à commencer par les travailleurs et les jeunes, relèvent la tête et aient confiance dans l’avenir qu’ils peuvent construire. Reste à savoir si les partis qui se réclament d’eux sont aussi sur cette même longueur d’onde.

À en croire les discours et les propositions des dirigeants du PCR, cela ne semble pas être le cas. Que proposent-ils aujourd’hui ?

Pour eux, la départementalisation a atteint ses limites et il faut envisager maintenant autre chose, en particulier renforcer les pouvoirs locaux afin que puissent être tissées des relations avec les pays de l’Océan Indien, mais aussi avec les grandes puissances émergentes telles que l’Inde et la Chine.

Paul Vergès a également déploré « l’atteinte au patrimoine accumulé par les travailleurs réunionnais et la prise de contrôle des deux dernières usines sucrières par un groupe extérieur ». Il a aussi parlé des « difficultés du groupe Caillé et du rachat possible du groupe Foucque par une entreprise française ».

Mais par tous ces discours, à qui le PCR s’adresse-t-il ? Aux capitalistes de l’import-export, quand il s’agit de recentrer les relations et les échanges avec la zone géographique proche ? Aux patrons des sucreries réunionnaises qui se sont volontairement laissés absorber par la multinationale Tereos ?

Aux travailleurs des usines du Gol ou de Bois-Rouge qui pour l’heure n’ont aucun pouvoir de décision sur la marche de leurs entreprises ? S’adresse-t-il aux centaines de salariés licenciés ou menacés de licenciement, ou à leurs patrons Caillé et Foucque qui, soit dit en passant, n’ont nullement besoin des communistes pour les aider à s’en sortir ?

Tout à sa défense d’une prétendue politique d’« Union des Réunionnais », le PCR se garde bien de préciser que les intérêts des travailleurs ne sont pas conciliables avec ceux des patrons.

Et en cela il brouille la conscience des classes populaires.


 

 
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