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Le mensuel de La Réunion
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Après le succès du 7 septembre !

Avec plus de 7500 personnes dans les rues de Saint-Pierre et de Saint-Denis et près de deux millions dans l’Hexagone, les manifestations du 7 septembre contre le projet de « réforme » des retraites du gouvernement ont été un succès.

Ce même jour, le gouvernement a présenté à la Chambre des députés les nouvelles mesures qu’il entend mettre en œuvre contre le système des retraites : le recul de l’âge du départ en retraite et l’augmentation des annuités nécessaires. Et on nous présente les choses comme si cette prétendue « réforme » était rendue nécessaire par l’évolution démographique du pays, par le fait que l’espérance de vie a augmenté. Mais c’est un mensonge pur et simple. Si la CNAV, la caisse des retraites, va vers des difficultés financières, c’est avant tout parce que ses rentrées ont fortement diminué au fil des années.

Le premier responsable, c’est le chômage, qui a diminué le nombre de cotisants salariés. Mais le chômage n’est pas dû à une fatalité économique. C’est la conséquence de la politique du grand patronat qui, pour réaliser plus de profits, a jeté à la rue, avec la bénédiction de l’État, des centaines de milliers de salariés, pour produire autant, sinon plus, avec moins de travailleurs. Et prétendre, comme le gouvernement, améliorer la situation en repoussant l’âge du départ en retraite, alors que tant de jeunes cherchent désespérément un emploi, relèverait de la stupidité s’il ne s’agissait pas, en fait, de s’attaquer au montant des pensions des futurs retraités.

Le deuxième responsable des difficultés de la caisse des retraites, c’est le bas niveau des salaires, que le gouvernement a encouragé par les nombreuses réductions de cotisations sociales patronales, en particulier pour tous les salaires inférieurs à 1,6 SMIC, ce qui constitue une véritable prime à la surexploitation. La revalorisation des salaires, qui n’a cessé de prendre du retard sur le coût de la vie, n’améliorerait pas seulement le niveau de vie des travailleurs, elle procurerait aussi des rentrées supplémentaires à la caisse des retraites.

Le troisième responsable, c’est justement la baisse des cotisations patronales. Les cotisations patronales de Sécurité sociale sont en effet passées de 34,62 % à 30,38 % entre 1980 et 2008, la politique d’exonération de cotisations sociales patronales ayant commencé sous la présidence de Mitterrand. Pour les salariés payés au SMIC, ces cotisations sont par exemple passées de 34,62 % à 4,29 % des salaires. Et à cela s’ajoutent d’autres exonérations pour les heures supplémentaires, pour un contrat de retour à l’emploi, etc.

Comme on le voit, il suffirait de revenir sur ces cadeaux faits au patronat au fil des années pour permettre à la caisse des retraites de faire face à la situation à venir. Mais c’est justement ce que le gouvernement ne veut pas. Car toute sa politique vise à permettre aux capitalistes de continuer à prospérer, malgré la faillite de leur système.

C’est une véritable guerre de classe que le patronat et l’État à son service mènent contre le monde du travail, et dont le projet de loi sur les retraites n’est qu’un aspect.

L’augmentation des charges de travail de tous ceux qui ont un emploi, la détérioration des conditions de travail, sont aussi des conséquences de cette guerre. En vingt ans, le nombre de ceux qui travaillent de nuit a pratiquement doublé, celui-ci concerne aujourd’hui plus de 10 % des hommes salariés et 7,3 % des femmes.

C’est aussi dans leur vie quotidienne, en dehors du travail, que les travailleuses et les travailleurs sont frappés par la politique gouvernementale. Pour pouvoir consacrer plus d’argent à aider la grande bourgeoisie à s’enrichir encore davantage, l’État rogne sur le budget des services publics indispensables à la population, sur la santé, sur les transports en commun, sur la construction de logements, sur l’enseignement.

Mais nous qui produisons toutes les richesses de ce pays, qui faisons fonctionner toute l’économie, nous pouvons faire reculer le gouvernement et le patronat. Juppé a bien dû reculer en 1995 et Villepin en 2006. Mais rappelons-le : ce n’est pas une seule journée, même réussie, qui les a fait craquer. C’est une mobilisation croissante avec une succession de grèves et de manifestations qui ont fait craindre au gouvernement de perdre le contrôle de la situation.

Alors, il faut que le grand patronat et le gouvernement sentent que nous ne sommes pas quittes pour autant et que nous ne nous contenterons pas d’un baroud d’honneur !


 

 
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