La manifestation du 28 octobre a réuni environ 4 000 personnes à Saint-Denis et à Saint-Pierre, soit trois fois plus de monde que les manifestations précédentes du 19 et du 16 octobre. Cependant, le nombre de manifestants n’a pas atteint ce jour-là les 7 000 de la manifestation du 23 septembre.
Ce sont les jeunes, et principalement des lycéens, qui ont constitué les trois-quarts des deux cortèges. Ceux-ci s’étant mis en grève pour la première fois la veille dans plusieurs lycées importants de l’île.
Tout comme le 19 octobre, les dockers de la ville du Port ont bloqué toute la journée du 28 l’activité portuaire. C’est le seul secteur d’activité qui a été totalement arrêté.
Jusqu’à présent, la mobilisation s’est faite presque exclusivement contre la réforme des retraites. Il était de toute façon juste que les travailleurs et la jeunesse réunionnaise soit aux côtés des manifestants de France, opposés à la politique du gouvernement Sarkozy.
Mais comme la Réunion connaît un fort taux de chômage, bien plus élevé qu’en France, que plus de 10 000 travailleurs du BTP n’ont plus d’emploi, que les licenciements continuent dans le commerce et l’automobile notamment dans le groupe Caillé, n’aurait-il pas été nécessaire que d’autres revendications soient aussi mises en avant, aux côtés du refus de la réforme des retraites ?
Devant les faibles mobilisations, les dirigeants des principaux syndicats de salariés se sont demandés s’il fallait rester « sur le tempo national » ou non. Bien sûr qu’il fallait rester sur le tempo national en montrant que partout les travailleurs refusent la politique du gouvernement, mais cela n’empêchait pas de mettre également en avant des revendications tout aussi essentielles au monde du travail.
Le mouvement actuel n’est pas une fin mais un commencement. D’autres luttes sont inévitables, car ni le patronat ni le gouvernement ne laissent d’autre choix.
Les mouvements de septembre-octobre ont servi pour que la lutte soit plus consciente et plus ample. Alors, même si la loi sur les retraites a été votée, il faut que les journées de mobilisation à venir soient largement suivies.
Dans cette jungle qu’est la société capitaliste, on ne se fait respecter qu’en montrant sa force.
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