Régulièrement dans la presse, les ouvriers agricoles sont discrédités et sont traités de paresseux qui préfèrent toucher le RMI que de travailler ou encore de profiter du système en cumulant le RMI et le travail au noir.
En réalité, malgré les aides diverses, les planteurs refusent de déclarer les ouvriers agricoles s’il faut les payer au SMIC mensuel.
Les ouvriers agricoles sont plus nombreux que les planteurs (environ 7000). Le gros de la main d’Suvre est concentré sur la culture de la canne à sucre dont la production est d’environ 1 800 000 tonnes par an.
Mais leur isolement sur les petites exploitations qui emploient en moyenne trois ou quatre ouvriers et sur les grosses exploitations où ils sont divisés par petits groupes de dix sur différentes « basses-cours » rend difficile leur organisation pour défendre leurs droits, même les plus élémentaires.
C’est pour cette raison que ces exploités sans voix ont les salaires les plus faibles et travaillent à la tâche, alors même que la loi l’interdit.
Les coupeurs de canne sont payés à la tonne coupée et les prix varient de 9 euros sur les grosses exploitations à 16 euros sur certaines petites exploitations.
La différence de prix s’explique surtout par le fait que les petits planteurs coupent eux aussi la canne et subissent eux aussi le travail harassant de la coupe de cannes. Les gros planteurs, eux, profitent de l’abondance de la main d’Suvre pour faire chuter les prix de la tonne coupée.
Un coupeur coupe en moyenne entre 3 à 4 tonnes par jour. À 9 euros la tonne, cela ne fait que 27 à 36 euros pour une journée de huit heures, alors que le SMIC est à 59 brut pour une journée de 7 heures.
La récolte de la canne enrichit une minorité de gros planteurs et les usiniers et use une majorité mal payée.
Souhaitons que les ouvriers agricoles imposent qu’on leur paye leur dû !
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