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Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
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Bumidom, ANT, Ladom... chômage : l’avenir bouché de la jeunesse

À la Réunion, plus de 120 000 personnes n’ont pas d’emploi. Près de la moitié ont entre 19 et 34 ans. Selon l’INSEE un tiers d’entre eux, soit 15 000, environ et parmi eux les plus diplômés, seraient prêts à quitter l’île pour trouver un travail ailleurs. Cette situation n’est certes pas nouvelle.

Chaque année, entre 2005 et 2007, près de 4 000 jeunes auraient bénéficié d’une aide publique à la mobilité, mais quatre sur dix seraient revenus.

Avec la crise, le nombre de jeunes recrutés est en chute. Les entreprises sont de plus en plus exigeantes. Les patrons veulent des employés polyvalents, embauchés au dessus de la qualification nécessaire avec un salaire inférieur et formés, qui plus est, non par leurs soins mais par des organismes publics.

Autant dire que ceux qui pourront bénéficier de la mobilité, et peut-être accéder à un emploi, sont ceux qui auront eu droit aux meilleures conditions d’éducation, familiales et scolaires. Or, la réduction des moyens de l’Éducation nationale détériore encore la situation des jeunes, surtout celle des familles défavorisées, dont les conditions d’existence sont plombées par le chômage de masse.

Dans les années soixante, les enfants des familles pauvres payèrent le prix du départ forcé vers les départements français manquant de main-d’œuvre, agricole entre autres. Ce fut le douloureux épisode des « enfants de la Creuse ». Plus tard, les autorités françaises créèrent le BUMIDOM, suivi plus tard par l’ANT et la LADOM, qui organisèrent le départ des domiens pour répondre à la demande de main-d’œuvre de la grande industrie et des administrations de la métropole. Les conditions d’accueil et la vie des migrants y étaient mauvaises, en particulier pour ceux qui se retrouvaient isolés.

Aujourd’hui, les emplois sont rares, où que ce soit d’ailleurs, si bien que l’exil même forcé est maintenant restreint à un petit nombre. La jeunesse mérite mieux que ce triste présent et cet avenir bouché.

Raison de plus pour qu’elle se saisisse de toutes les occasions pour crier sa révolte : « Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère. On n’en veut pas, de cette société-là ».


 

 
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