Le 21 juillet alors qu’il paraissait devant le tribunal des commerces de Saint Denis pour faire le point sur la « procédure de sauvegarde » de son groupe, François Caillé a annoncé la liquidation de trois de « ses » entreprises sur sept qui étaient jusque là en redressement judicaire. Il s’agit de l’entreprise d’ameublement Guest, du magasin de jeux C2M et Cap Mascareignes qui employaient à eux trois 81 salariés.
Quelques jours plus tôt Caillé avait également annoncé le licenciement de 51 travailleurs de SODEXPRO, qui gère les achats et l’approvisionnement des magasins Leader Price et Casino de l’île ainsi que celui de quinze autres salariés du magasin Leader Price de Saint- Joseph. Fin juin ce sont les magasins de la même enseigne de Saint-Pierre Caserne et du centre ville de Sainte-Suzanne qui ont fermé leurs portes. Le Leader Price de Saint-Paul est lui aussi en passe de baisser définitivement le rideau. À tous ces licenciements, il faut bien sûr ajouter les plus de trois cents suppressions d’emplois qui ont eu lieu depuis l’an passé dans la branche automobile du groupe.
François Caillé a déclaré au sortir du tribunal : « les difficultés sont derrière nous ». C’est sans doute là le message qu’il adresse à ses actionnaires. Mais si Caillé et les siens ont bon espoir de se refaire rapidement une santé financière, ce n’est certainement pas le cas pour les centaines de salariés qu’il a mis à la porte et pour tous ceux qui risquent de subir le même sort si ce patron continue ses restructurations.
Car bien évidemment, l’objectif que se donne Caillé n’est pas de sauvegarder les emplois contrairement à toutes ses déclarations hypocrites. Ce qu’il cherche par tous les moyens c’est de « retrouver à travers ces sociétés une rentabilité » pour être à « nouveau au sommet de la hiérarchie ». En 2008, le groupe caracolait en tête des hits parades avec plus de 724 millions d’euros de chiffre d’affaires et son patron se situait à la 215ème place des plus grandes fortunes de France. Depuis il a soi-disant connu l’infortune et a été rétrogradé à la 354ème position... le pauvre !
Aujourd’hui, Caillé multiplie les procédures pour éviter d’être mis à contribution et de devoir payer de sa poche. Ainsi, la « procédure de sauvegarde » lui permet d’être protégé pendant six mois (en principe jusqu’au 29 septembre) des actions en justice de ses créanciers. De même, il a jusqu’au 31 mars 2011 pour présenter son « plan de continuation ».
D’ici là, Caillé se gardera sans doute d’annoncer à l’avance ses intentions pour mettre au dernier moment les salariés devant le fait accompli, comme il l’a fait jusqu’à présent.
Si les entreprises du groupe Caillé sont en difficulté, ce n’est pas la faute des salariés. Alors, pourquoi en feraient-ils les frais ? Quand un patron voit ses profits écornés, il n’en meurt pas. Mais quand un travailleur perd son emploi, c’est sa vie et celle de sa famille qui basculent. Entre les deux il faut choisir.
C’est à Caillé de payer pour préserver les emplois et les salaires des travailleurs qui ont fait sa fortune.
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