Les mêmes ministres qui, il y a peu encore, nous chantaient que la crise n’atteindrait pas la France, sur l’air de « Tout va très bien, madame la marquise », viennent de changer de discours. Ils clament aujourd’hui que la crise est grave, qu’elle est sans précédent depuis la guerre, voire depuis 1929.
Mais si les ministres ont changé de langage d’un seul coup, ce n’est pas tant parce qu’il est difficile de nier l’évidence. Encore moins par un subit accès d’honnêteté, attitude inconnue d’hommes capables de répéter depuis des années qu’il était impossible de combler les 10 milliards de déficit de la Sécurité sociale sans mettre à contribution les malades eux-mêmes, mais qui ont trouvé 650 milliards pour aider les banquiers et le patronat ! Si ces menteurs professionnels trouvent des accents dramatiques pour décrire la gravité de la crise, c’est pour faire accepter, au nom de la difficulté de la situation, les mesures qui se préparent contre le monde du travail.
Les centaines de milliards d’euros évanouies dans la crise financière, puis dans le krach boursier, viennent déjà des sacrifices imposés au monde du travail. Ces sommes ont été accumulées en aggravant l’exploitation, en bloquant les salaires, en usant à mort les travailleurs. Tout cela pour extorquer des profits qui viennent de partir en fumée. Et ils voudraient faire passer la facture une deuxième fois !
S’ils y parvenaient, ce serait une explosion du chômage, une aggravation de la précarité, une réduction brutale du pouvoir d’achat, ne serait- ce que par une inflation relancée ; une dégradation des services publics, à commencer par les hôpitaux publics et les écoles des quartiers populaires.
Un système économique qui veut cela, qui démolit les conditions d’existence de la seule classe productive de la société dans le but de remettre en route la machine à profit en faveur des patrons, des banquiers et des actionnaires, est un système pourri jusqu’à la moelle.
Les travailleurs n’ont pas à payer pour la classe sociale qui a conduit la société à ce désastre. C’est aux capitalistes, aux banquiers, au patronat, de payer pour les pots qu’ils ont eux-mêmes cassés.
La crise met tellement en évidence l’irresponsabilité criminelle des patrons et des banquiers qui monopolisent la direction de l’économie que leurs porte-parole politiques eux-mêmes parlent de transparence et de contrôle. Mais ce n’est pas aux brigands de se contrôler entre eux. La seule garantie de transparence, c’est de supprimer le secret des affaires derrière lequel patrons et banquiers commettent leurs forfaits. Le seul contrôle qui ait un sens, c’est le contrôle de toutes les entreprises, de toutes les banques, par leurs travailleurs et par la population.
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