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Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
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COMORES-DRAMES DE L’IMMIGRATION

Dans la nuit du 21 novembre, vingt et un Anjouanais ont péri noyés après que leur embarcation a chaviré à environ dix kilomètres au large de Mayotte. Douze autres passagers rescapés ont été emmenés par les autorités mahoraises avant leur probable expulsion vers leur île d’origine.

Le nombre de Comoriens, principalement des Anjouanais, qui meurent chaque année en mer en tentant d’atteindre clandestinement l’île de Mayotte avoisine le millier. L’État français porte une lourde responsabilité dans ce drame. En effet, depuis l’instauration des visas à Mayotte par Balladur en 1995, les Comoriens ne pouvant plus s’y rendre librement, s’embarquent moyennant des sommes importantes sur des embarcations de fortune au péril de leur vie. Pour la plupart, même s’ils arrivent sains et saufs au bout de leur terrible périple, le voyage reste vain car ils se font le plus souvent prendre dans les mailles des filets tendus par la police française. Ils sont alors conduits dans le centre de rétention administrative de Mayotte, puis expulsés rapidement.

Au mois de novembre, les reconduites à la frontière avaient connu une trêve de dix jours, liée vraisemblablement au refus des autorités anjouanaises à ré-accepter leurs propres ressortissants expulsés. Certains, ont dû ainsi être ramenés à Mayotte avant d’être à nouveau expulsés, une fois les tracasseries administratives collatérales terminées.

Cette situation imposée aujourd’hui à une population qui, il n’y a pas si longtemps circulait librement entre les îles de l’archipel comoriens, est à l’image de cette société ; une société qui pour maintenir les inégalités qu’elle secrète divisent les peuples : par les frontières qu’elle impose, par les divisions ethniques et religieuses qu’elle maintient et parfois exacerbe, et surtout par ce mur de l’argent au pied duquel des peuples entiers crèvent littéralement pour permettre à quelques uns d’accaparer les richesses.


 

 
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