Le 10 septembre le monde du BTP, à savoir les salariés, les patrons, les syndicats de salariés et patronaux, défileront côte à côte dans les rues de Saint-Denis pour demander « la relance de la commande publique », c’est-à-dire plus d’argent de l’État et des collectivités locales pour relancer la reprise des activités dans le BTP.
Les syndicats de salariés dénoncent, à juste titre, les milliers de licenciements qui ont eu lieu dans ce secteur depuis 2009 et demandent des créations d’emplois. Ces revendications sont légitimes, mais est-il besoin pour autant que des organisations de travailleurs s’allient aux exploiteurs de ces derniers ?
Les patrons qui font mine de pleurer sur le sort des ouvriers n’ont absolument rien en commun avec eux.
Laisser croire que, quand les affaires des capitalistes se portent bien, les conditions de vie des travailleurs ne peuvent qu’aller mieux est une tromperie.
Les patrons ne suppriment-ils pas des emplois, n’abusent-ils pas des emplois précaires, ne s’assoient-ils pas en permanence sur les droits des travailleurs, même quand les profits coulent à flots pour eux ?
L’État doit certes consacrer les sommes suffisantes pour la construction des 30 000 logements confortables et bon marché qui manquent, pour des écoles, des crèches, des transports publics, des hôpitaux, etc.
S’il faut que des travailleurs descendent dans la rue pour le lui rappeler, ils ne doivent pas le faire aux côtés des patrons.
Le mouvement ouvrier s’est construit en s’opposant à tous ceux qui prônaient des politiques de collaboration entre exploités et exploiteurs.
Et d’ailleurs tous les acquis des travailleurs ont été obtenus, non par la collaboration et la concertation, mais par des luttes où le rapport des forces était en faveur des salariés.
Oublier tout cela serait mettre les travailleurs à la remorque des patrons, c’est-à-dire les désarmer.
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