Le décès d’Adam Issop Ravate, patron des établissements du même nom, a été l’occasion pour tous les ténors politiques de la droite et de la gauche, de se prosterner devant le « grand homme ».
Venant d’un Victoria ou du préfet, rien d’étonnant à cela. Les superlatifs étaient de rigueur. Patron à poigne, mais paternaliste et pieux à souhait, Ravate avait réussi à faire de son groupe le quatrième de l’île et représentait pour ces gens-là un « exemple ».
Beaucoup plus étonnant a été la réaction d’un leader du PS comme Vergoz « partageant la grande douleur de la communauté musulmane », ou celle d’un Vergès qualifiant ce patron de « symbole d’une réussite exceptionnelle », et celle encore d’un Élie Hoarau saluant en lui « un exemple d’intégration pleinement réussi ».
Mais sur le dos de qui ? A ce propos, les leaders de l’Alliance et du PS préfèrent fermer les yeux.
Pourtant, c’est bien en exploitant des centaines de salariés, comme n’importe quel autre patron, que la fortune d’un Issop Ravate et de sa famille a pu se constituer ; et non pas sur de bons sentiments !
Les employés du groupe Ravate ont certainement une autre opinion de leur défunt patron et de ses rejetons qui n’hésitèrent pas à utiliser, à l’occasion de grèves, les menaces et les gros bras pour casser leur mouvement.
Les pressions quotidiennes, sous couvert de paternalisme, étaient et sont toujours utilisées pour intimider les travailleurs. Quant aux militants CGTR du magasin But, au Butor Saint Denis, dont Ravate est actionnaire, et qui furent récemment menacés de licenciement sous de faux prétextes, ils n’eurent pas leur emploi sauvé par ce patron au grand cSur, mais parce que leurs camarades de travail avaient dit vouloir se mettre en grève.
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