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Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
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Des travailleurs en lutte.

Ce mois de juillet les travailleurs de plusieurs entreprises de l’île se sont mis en grève, principalement pour des augmentations de salaires. Chez REP 80 salariés, répartis sur 13 sites, ont cessé de démonter et remonter les pneus pendant sept jours. Depuis le 23 juillet ils réclamaient 60 euros d’augmentation. Au terme de leur conflit, ils ont obtenu 41 euros nets et une hausse de la participation du patron pour les chèques déjeuner.

Dans un tract syndical, les travailleurs ont démontré, chiffre à l’appui, que le patron avait largement les moyens de payer : « une heure de salaire payée 8,27 euros bruts est facturée 400 euros aux clients [...] une demi-heure de salaire pour changer un pneu » génie civil « qui coûte 3000 euros, est facturée 6000 euros [...] . Chaque salarié réalise un chiffre d’affaires de 22 000 euros en moyenne pour l’entreprise ». REP appartient au groupe Hayot, bien placé dans l’automobile et qui est aussi un des propriétaires des magasins Carrefour.

Chez Rhum Réunion, au Port, 22 des 24 salariés réclament 150 euros en plus sur leurs salaires. Leur direction qui ne propose quant à elle qu’une augmentation de la prime d’intéressement et des chèques déjeuner n’a évidemment pas convaincu les salariés à reprendre le travail.

Le 30 juillet, au premier jour du démarrage de la campagne sucrière dans le Sud, les ouvriers de l’usine du Gol ont refusé de lancer les machines. Ils revendiquaient, entre autres, la hausse de la prime de nuit de 350 euros à 650 euros et la garantie pour les saisonniers de toucher les ASSEDIC en fin de coupe. C’est que la nouvelle réforme de l’allocation chômage prévoit, à partir de 2009, que les ASSEDIC ne seront plus versées aux saisonniers au bout de trois ans d’ancienneté.

Même dans le système actuel c’est l’incertitude. La campagne ne durant pas six mois, les ouvriers du Gol, comme ceux de Bois Rouge, ont dû prendre en compte, pendant plusieurs années de suite, leurs jours de congé pour totaliser le nombre d’heures nécessaires afin de pouvoir toucher les allocations. Lors de leur débrayage, les ouvriers ont donc réclamé une modification de leurs contrats ou bien avoir la possibilité de travailler pendant l’inter-campagne ou bien encore le versement d’une prime pour compenser les ASSEDIC.

La direction de l’usine a accepté le paiement de la prime de 650 euros sur trois ans, ainsi que la mise en place d’un plan de formation pour les saisonniers pendant l’inter-campagne. Mais cette dernière proposition ayant une allure somme toute provisoire, le sort des 180 saisonniers est loin d’être réglé.


 

 
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