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Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
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Élections législatives à Maurice

Le 5 mai prochain la population mauricienne ira aux urnes pour élire des nouveaux députés au parlement mauricien et, par voie de conséquence, le prochain Premier ministre.

Le samedi 17 avril, lors de la « Nomination Day », jour du dépôt des listes, 545 candidatures ont été enregistrées, dont 104 ont été finalement rejetées, surtout parce que les candidats ont refusé de mentionner leur appartenance ethnique comme la loi les y oblige.

La déclinaison de l’appartenance ethnique est une règle imposée par la constitution mauricienne qui date de l’indépendance de l’île en 1968. La constitution reconnaît quatre communautés : hindoue, chinoise, musulmane et une communauté dite « générale » qui regroupe les Créoles.

Les candidats rejetés n’ignoraient évidemment pas cet article mais le refus de s’y plier était une façon pour eux de dénoncer, comme en 2005, cette forme de communautarisme et de demander la révision de la constitution. Les plus importants partis acceptent la loi et s’arrangent pour placer leurs candidats dans les différentes circonscriptions en fonction de leur communauté respective.

Parmi les différents partis qui se présentent il y a deux grandes coalitions. Celle de « l’Alliance pour l’Avenir » composée par le Parti travailliste (PTr), le Parti mauricien social démocrate et le Mouvement socialiste militant. La seconde coalition a pour nom « l’Alliance du cœur », elle regroupe le Mouvement militant mauricien (MMM), l’Union nationale et le Mouvement mauricien socialiste démocrate. Tous ces partis se sont retrouvés dans des gouvernements successifs, toujours au sein de coalitions, tantôt aux commandes, tantôt dans l’opposition.

L’actuel premier ministre et leader du PTr, Navin Ramgoolam, conduit « l’Alliance pour l’avenir ». Le chef de file de « L’Alliance du Cœur », qui forme aujourd’hui l’opposition est Paul Bérenger, leader du MMM. 

Entre 1982 et 2005, ce dernier fut à plusieurs reprises membre du gouvernement, où il occupa tour à tour les postes de ministre des Finances, ministre des Affaires étrangères, vice-Premier ministre (dans un gouvernement de coalition avec le PTr) et même Premier ministre.

L’actuel gouvernement dit de « l’Alliance sociale » au pouvoir depuis 2005, a multiplié en cinq ans les mesures au profit des capitalistes mauriciens (et aussi étrangers). Parmi elles il y eut l’« Employment Relations Act » et l’« Employment Rights Act, deux lois qui rendent les emplois plus précaires et facilitent les licenciements, notamment en réduisant le délai de préavis de trois mois à un mois.

Ces dernières années des licenciements massifs ont eu lieu dans l’industrie sucrière, textile et dans l’hôtellerie. Plus de 20 000 travailleurs du secteur sucrier ont été contraints de partir en retraite anticipée, alors même que des mesures étaient prises pour accroître les revenus des planteurs, des plus gros d’entre eux en l’occurrence.

En juin 2006, le gouvernement voulut supprimer la distribution de pain dans les écoles primaires. La mobilisation des familles ne se fit pas attendre et le gouvernement dû remballer son projet.

A l’approche des élections Ravin Ramgooolam, du Parti travailliste, a de nouveau fait semblant de s’intéresser au sort des plus démunis, allant même jusqu’à dire que Paul Bérenger, son principal opposant avec qui il a gouverné, l’a empêché de prendre « l’argent des gros capitalistes » en refusant l’instauration d’une taxe « sur les barons sucriers ».

La démagogie étant bien partagée, Bérenger (du MMM), affirme de son côté avoir choisi « la lutte des travailleurs ».

Dans cette île qui compte 1,2 millions d’habitants, où le taux de chômage a fortement progressé, les classes populaires ont de plus en plus de mal à vivre avec des salaires qui restent bas. Plus de 100 000 personnes ont moins de 95 euros par mois ce qui, vu les prix pratiqués à Maurice, est très peu.

La population laborieuse de l’île n’a en fait rien à espérer de tous ces politiciens, y compris de ceux qui se parent de références socialisantes, surtout en périodes électorales d’ailleurs, car tous ont montré qu’ils étaient interchangeables et surtout dévoués corps et âme à la bourgeoisie.


 

 
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