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Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
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Ensemble par delà leurs frontières.

Selon le JIR du 20 décembre, la direction centrale de la police aux frontières de Mayotte s’est fixé pour objectif d’exécuter 900 interpellations de clandestins dans les derniers jours de l’année 2006. Les services de police, de la marine et de la gendarmerie s’acquitteront fort bien de cette mission, eux qui battent, paraît-il, des records nationaux dans l’arrestation des sans-papiers. Cette année, 12 000 reconduites à la frontière ont en effet été effectuées. Ce chiffre correspond à la moitié des expulsions réalisées sur le territoire national et annoncées par le ministre de l’Intérieur.

Les émigrants qui viennent des autres îles de l’archipel des Comores, principalement d’Anjouan, fuient la misère à bord d’embarcations de fortune, les « kwassa-kwassa ». Ils payent environ 400 euros pour franchir, souvent au péril de leur vie, les 70 kilomètres qui les séparent de l’île de Mayotte. Depuis janvier 2006, pas moins de 88 de ces « bateaux » ont été interceptés par la Marine nationale.

À terre, les Comoriens sont la proie de policiers peu scrupuleux, encouragés par des hommes politiques qui affichent sans vergogne leur mépris pour les « étrangers ».

La volonté du ministre de l’Outre-mer, de Sarkozy et du député de Mayotte Mansour Kamardine, d’enrayer ce qu’ils considèrent être un fléau, relève non seulement de l’infamie mais aussi de l’absurdité. Car sur les 160 000 habitants que compte Mayotte, 55 000 sont considérés comme étant des clandestins. Koungou, la deuxième ville de l’île, compte plus d’immigrés et de sans-papiers qu’une population dite d’origine.

Malheureusement, cette politique trouve un certain écho parmi la population mahoraise qui voit d’un mauvais Sil cette concurrence « étrangère », alors qu’elle-même a beaucoup de mal à s’en sortir. Elle se trompe bien entendu d’adversaires. Les maux dont souffre notre monde viennent de la division de la société en classes sociales, entre exploiteurs et exploités. Et tant que les pauvres et les démunis ne seront pas unis pour d’abord se défendre et ensuite espérer bâtir un autre monde, la société d’exploitation et d’oppression que nous connaissons se maintiendra.


 

 
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