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Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
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États généraux : le leurre de la collaboration de classes

Le 1er octobre a eu lieu à Paris la synthèse des États généraux de l’Outre-mer en présence de Marie-Luce Penchard, la secrétaire d’État à l’Outre-mer. La Réunion était entre autres représentée par un capitaliste notoire, Maurice Cérisola, actuel président de l’Adir (Association pour le développement industrielle de la Réunion) et ex-patron de Crête d’or et de Réunion économique, un groupement de gros capitalistes locaux. Tout un symbole !

Dans son intervention, Marie-Luce Penchard n’a pu s’empêcher de revenir sur les mouvements des mois de février-mars dernier pour les condamner en disant : « on ne règle pas un conflit en bloquant l’économie d’un territoire, ce sont des techniques d’un autre âge, d’un autre temps ». Mais qu’espère la secrétaire d’État, que les travailleurs viennent quémander autour d’une table quelques miettes que ses amis les capitalistes daigneraient leur laisser ? Pour les travailleurs ce ne serait ni utile, ni efficace.

S’il s’agissait d’aller dans ces rencontres pour faire entendre les revendications et les besoins de la population, pourquoi pas ! Mais si de ces palabres il ressort que l’on peut s’entendre entre exploiteurs et exploités, il s’agit alors d’un leurre. C’est à ce leurre que participent les représentants de la droite (ce qui de leur point de vue est tout à fait légitime), et ceux de la gauche (ce qui de leur fait est une tromperie). Alors, si Vergès, le président de la Région et Nassimah Dindar, la présidente du Conseil général ont trouvé un terrain d’entente au point de présenter une « Contribution commune aux États généraux », ce n’est évidemment pas avec la perspective de défendre les intérêts de la population laborieuse.

Leur terrain d’entente repose sur une volonté commune de promouvoir l’« identité réunionnaise », « l’unité des Réunionnais » et derrière ces mots « la cohésion sociale ». Et c’est là que réside le piège pour les travailleurs. Mais peut-on réellement affirmer que les Réunionnais, parce qu’ils sont Réunionnais, ont en commun des liens pouvant masquer ce qui les divise ? Et qui y a-t-il de commun par exemple entre un capitaliste réunionnais et un travailleur réunionnais ? Rien qui puisse faire oublier que les premiers ont besoin du travail des seconds sans lequel ils ne seraient rien. En revanche, les travailleurs pourraient fort bien se passer des capitalistes si la société était organisée autrement et produisait pour les besoins de tous.

Nous vivons dans un monde où il y a des exploiteurs et des exploités. Cette barrière de classe, rien ne peut l’effacer. Elle marque d’une empreinte indélébile toutes les relations sociales.

C’est pourquoi toutes les idées qui poussent à la collaboration de classes sont nocives pour les travailleurs, qui doivent les rejeter avec énergie.


 

 
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