Une recrudescence du chômage était annoncée pour dans six mois, à l’occasion de la fin du chantier de la route des Tamarins. Mais les patrons n’ont pas attendu 2009 pour licencier ou ne pas reconduire les contrats en cours. Fin octobre, le chômage a augmenté de plus 11 % par rapport à octobre 2007 et touchait officiellement 87 296 femmes ou hommes en âge de travailler.
Et qui dit augmentation du chômage, dit moindre chance de trouver un travail pour ceux qui galèrent au RMI, parfois depuis des années : 67 000 sont dans ce cas à la Réunion et comment vivre avec 394 euros par mois quand on est célibataire et au RMI ?
De tout cela l’Etat se moque, les politiciens aussi, tandis que les patrons se frottent les mains. Dans une telle situation ils espèrent bien être en mesure de pouvoir imposer les salaires qu’ils veulent. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les dernières grèves qui ont eu lieu dans l’île avaient pour objectif l’augmentation des salaires (ABC nettoyage, la Brinks, Decathlon) ou le maintien dans l’emploi pour ceux qui arrivent en fin de CDD (lycée agricole de Saint Paul, MDPH, employés communaux).
D’un côté les bas salaires imposés à la majorité des salariés, de l’autre des prix exorbitants que les patrons de la distribution font de plus en plus peser sur les travailleurs qui ne savent plus comment faire pour gérer le quotidien.
A cela s’ajoute l’absence d’une implication forte de l’Etat dans tout ce qui concerne les services publics, en particulier le logement, la petite enfance ou la lutte contre l’analphabétisme, qui prive d’emplois des dizaines de milliers de chômeurs. En particulier les jeunes et les femmes, y compris les plus diplômés. Car l’Etat préfère consacrer ses milliards à soutenir le patronat ou les spéculateurs, plutôt qu’à répondre aux besoins de la population.
Aujourd’hui, ce qui manque à la Réunion, comme dans le monde capitaliste, ce ne sont pas les moyens financiers ni techniques, mais bien une volonté politique de satisfaire les besoins les plus urgents. Cette volonté, elle ne viendra pas de la bourgeoisie qui tirent toutes les ficelles avec comme seul objectif celui de satisfaire ses intérêts égoïstes. Elle ne viendra pas non plus des grands partis, de droite bien sûr mais aussi de gauche, qui ne cessent de se prosterner devant le mur de l’argent.
Non cette volonté, elle ne peut venir que des travailleurs eux-mêmes qui doivent pouvoir se protéger de la hargne leurs propres exploiteurs.
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