Depuis des mois, les régions du sud de Madagascar subissent une sécheresse qui entraîne la famine (en malgache, kéré) et frappe les populations qui y vivent.
Ces régions sont constamment menacées par le kéré faute notamment d’approvisionnement en eau. Bien que récurrent le kéré n’est pas pour autant une fatalité. La famine est due davantage à l’inaction des gouvernements successifs, aux ponctions prélevées par les capitalistes et la classe riche de Madagascar, et aux choix des pays occidentaux prompts à piller les ressources du sol et du sous-sol malgache.
La production de riz étant nettement insuffisante pour nourrir la population, son importation ne cesse de croître au grand bonheur des importateurs privés. Le capitaliste réunionnais, François Caillé, a demandé à l’Etat malgache 1000 hectares pour produire diverses denrées et... les exporter ensuite vers La Réunion ! À l’heure actuelle, il a obtenu une concession de 300 hectares.
Depuis le 1er janvier 2007, le président malgache a lancé son MAP (Madagascar Action Plan), qui veut être un programme de développement sur cinq ans. Ce nouveau plan, tout comme le précédent, le DSRP, (Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté) ne vise pas à enrayer la pauvreté ni à supprimer la famine dans le pays. Le MAP concerne en premier lieu les infrastructures, c’est-à-dire, les routes, les voies ferrées, les aéroports les ports, les moyens de télécommunication et la formation des cadres malgaches. Il contribuera sans doute à faire prospérer les affaires des capitalistes locaux et étrangers mais laissera les 63% de la population malgache dans l’insécurité alimentaire.
Quant au Programme alimentaire mondial de l’ONU, il n’a jamais fait reculer la misère. Pire, les responsables de ce programme ont trouvé le moyen d’engraisser la compagnie d’assurance française Axa-ré en lui passant des contrats pour soi-disant débloquer rapidement des fonds en cas de sécheresse dans les pays pauvres. Le hic, c’est qu’Axa-ré ne verse les primes qu’en fonction d’un seuil minimum (et vraiment minimum) de pluviométrie.
Il y a une semaine, il a commencé à pleuvoir sur la région de Ambovombe-Androy. Avec un peu de chance, la situation pourrait être moins catastrophique que celle de l’an passé dans cette région. Mais qu’en sera-t-il des autres régions touchées par le kéré ?
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