En annonçant son programme, Ségolène Royal a dénoncé le « règne sans frein du capital financier ». Après de tels propos, on aurait pu s’attendre à ce que les mesures qu’elle propose soient à la hauteur de la dénonciation. Eh bien non ! Sur les problèmes essentiels des classes populaires, le chômage, le pouvoir d’achat, la précarité, il n’y a rien qui puisse réellement changer la vie, aucun engagement concret.
Les quelques propositions qu’elle a formulées sont ridiculement dérisoires à côté de ce qui serait nécessaire. Le Smic sera porté à 1 500 euros, a-t-elle dit, mais elle a aussitôt précisé qu’il s’agit de 1500 euros brut, au bout de cinq ans de sa présidence. En gros, 5 % d’augmentation, par an.
Ce réalisme-là, qu’elle prêche aux smicards payés 984 euros net par mois, alors qu’elle n’a rien à redire sur les plantureux profits de la Bourse de Paris, est bien plus éloquent de ce que veut Royal, que tous ses discours à l’égard des plus démunis. D’autant qu’elle veut maintenir les 65 milliards d’aides que l’Etat consacre aux entreprises, plus de six fois le trou de la Sécurité sociale.
Pour les jeunes, Ségolène Royal propose « les emplois-tremplins que des Régions ont mis en place avec un objectif de 500 000 emplois-tremplins ». Cela ressemble aux emplois-jeunes qui ont, certes, dépanné des jeunes mais qui n’ont jamais été pérennisés. Et où vont tomber les jeunes après avoir sauté de ces tremplins ? La proposition de Ségolène Royal ne fait d’ailleurs que généraliser une pratique déjà existante dans certaines Régions mais sans préciser si l’Etat en reprendra le financement, ce qui serait la moindre des choses.
Les promesses électorales, de toute façon, ne valent pas grand-chose. Et on peut d’autant moins croire les dirigeants politiques que le véritable pouvoir ne leur appartient pas. Présidents et ministres ne font que gérer ce que leur demandent ceux qui possèdent les capitaux et que personne n’a élu, à part une minorité d’actionnaires.
-