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Le mensuel de La Réunion
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Grève au journal Le Quotidien, le patron a reculé

La grève au journal le Quotidien qui a débuté le lundi 12 juillet a pris fin le 26 du même mois. Au plus fort du mouvement 90 % des 145 salariés étaient mobilisés et, en fin de grève, toujours 70 % de ceux-ci.

Les travailleurs du Quotidien réclamaient une augmentation de salaire que le patron leur refusait depuis octobre 2008.

Lors des NAO de 2010, la direction ne leur proposait encore que 0,5%. Afin de compenser leur perte de pouvoir d’achat, les grévistes demandaient, eux, une augmentation de 150 euros pour tous, ainsi que le versement d’une prime d’intéressement aux résultats, équivalente à un mois de salaire.

Le 16 juillet, les grévistes ont été rejoints dans la grève par les travailleurs de Run Press, filiale du Quotidien chargée de la distribution du journal. Ils revendiquent la même augmentation salariale mais en plus, une majoration de 15% pour le travail de nuit et les congés payés.

A Run Press, les salariés prenant des congés sont tenus de trouver eux-mêmes leurs remplaçants et de les payer sur leurs deniers. N’ayant pas obtenu satisfaction, ils ont décidé de poursuivre la grève.

Afin de renforcer leur mouvement les grévistes du Quotidien ont pris plusieurs initiatives en direction de la population comme la diffusion de tracts où il était rappelé le faible montant de leurs salaires (1139 euros pour une employée ayant vingt ans d’ancienneté) mais aussi les sommes considérables versées aux dirigeants et aux actionnaires (1,1 millions d’euros en 2007, dernier chiffre connu en ce domaine).

Il y eut un rassemblement de soutien auquel ont participé des dizaines de travailleurs, plusieurs conférences de presse au cours desquelles était fait le point sur le déroulement du conflit et bien sûr la confection d’un journal de la grève intitulé « le kotidien en lutte » que l’on peut consulter sur le net. Toutes les décisions étaient prises en assemblée générale.

Au bout de quinze jours de mobilisation, la direction qui refusait jusque là tout contact a fini par reculer et un protocole de fin de conflit a finalement été accepté par les grévistes. Il stipule les gains salariaux obtenus. Si les travailleurs avaient eu tout ce qu’ils réclamaient, le coût pour la direction se serait monté à 200 000 euros par an. Les grévistes ont en fait obtenu l’équivalent de 130 000 euros, sous forme de diverses primes et d’augmentations différenciées selon les niveaux de salaire, mais sans que les plus bas d’entre eux ne soient lésés.

L’accord stipule enfin que les deux semaines de grève seront prises moitié sur les congés annuels des grévistes, moitié sur leurs RTT. Au final cette grève s’est traduite par un recul du patron du Quotidien et a donc été ressentie comme un succès par les travailleurs.


 

 
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