Le 18 septembre, une femme et un bébé ont été tués et une petite fille grièvement blessée par l’ex-mari qui sortait de prison où il avait déjà été emprisonné pour des faits de violence. À la suite de ce drame, la presse a rappelé combien nombreuses étaient les femmes mortes ou handicapées à vie, suite aux coups de leurs compagnons ou ex-compagnons depuis seulement trois ou quatre ans.
Le plus souvent elles avaient manifesté leurs craintes auprès de la police ou des services sociaux, sans succès à l’évidence. Aussi, beaucoup s’interrogent sur cette impuissance qu’ils trouvent à juste titre anormale. Des lois existent certes, mais elles ne peuvent pallier une volonté de protection qui n’existe pas vraiment et surtout faire totalement pièce à des préjugés entretenus depuis des siècles et très vivaces encore.
La violence faite aux femmes par un individu de sexe masculin est la première cause d’invalidité et de mortalité des Européennes de 16 à 44 ans, avant même les accidents de la route ou les maladies comme les cancers. Elle prospère presque naturellement au sein d’une société qui justifie les inégalités et les violences. Quand les guerres, la misère, le fonctionnement chaotique de tous les rapports sociaux sont présentés comme légitimes ou inévitables, rien d’étonnant alors que de tristes individus en viennent à exercer leurs violences contre celles qu’ils considèrent plus faibles qu’eux, entre autres contre les femmes vis-à-vis desquelles ils se croient tout permis et qu’ils s’estiment autorisés à dominer.
Certes, il faudrait bannir l’indifférence, le laisser-faire, l’individualisme croissant. Il faudrait réagir collectivement. Cela n’éviterait pas tous les drames, sans doute, mais cela créerait un environnement plus sécurisant, plus humain.
Par l’action collective, le mouvement socialiste et communiste a tenté de créer de telles relations. Il a été le premier à dénoncer la situation faite aux femmes et à expliquer, il y a à peu près deux siècles déjà, que le degré d’émancipation d’une société se mesurait au degré d’émancipation des femmes. Mais le mouvement ouvrier fit plus encore, il donna aux femmes la place qui était naturellement la leur dans les combats des opprimés. Et c’est dans ce combat que bien des femmes acquirent non seulement une égalité et une dignité mais aussi une protection qu’elles ne pouvaient trouver nulle part ailleurs.
C’est dans cette voie qu’il faut à nouveau s’engager.
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