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Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
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Il y a 122 ans, la fin de l’engagisme.

Il y a 122 ans, le 11 novembre 1882, l’engagisme prenait officiellement fin à La Réunion. Autrement dit, c’est à partir de cette date qu’ont diminué, sinon cessé, les importations d’hommes et de femmes qui servaient, à la place des esclaves, de main-d’œuvre aux gros propriétaires de l’île.

Entre 1830 et 1882, 150 000 personnes en provenance d’Afrique, de Madagascar, de Chine et surtout de l’Inde ont été importées dans l’île par les esclavagistes devenus pour la circonstance des engagistes.

À partir de 1830 la culture de la canne à sucre se développa fortement.

Après l’abolition de l’esclavage qui eut lieu en 1848, les nouveaux affranchis n’étant pas enthousiastes à reprendre le chemin des plantations, l’importation d’une nouvelle main-d’œuvre pris un essor considérable.

Naturellement les propriétaires se tournèrent par « expérience » vers l’Afrique et Madagascar, plus précisément vers les mêmes zones d’où provenaient les esclaves. Seulement cette fois les nouveaux esclaves africains et malgaches étaient rachetés par les engagistes qui les rendaient libres ...de s’embarquer pour La Réunion.

Mais c’est surtout l’Inde qui a servi de réservoir de main-d’œuvre. Avec la complicité des colonialistes anglais les propriétaires ont amenés plus de 120 000 travailleurs indiens durant toute la période qu’a duré l’engagisme.

Les engagés étaient liés aux employeurs de la colonie par des contrats qui fixaient les conditions d’engagement et de travail, en principe pour une durée de cinq ans. Sur le papier ils étaient sensés être mieux traités que les esclaves. Mais la réalité était toute autre. Ils étaient logés sur « l’habitation » dans les logements des anciens esclaves, travaillaient jusqu’à 16 heures par jour et étaient astreints à des corvées, y compris les dimanches et jours fériés. Sous prétexte de non respect des leurs obligations, les engagistes leur coupaient une partie, voire la totalité de leurs salaires en guise de dommages-intérêts. Très souvent les engagés étaient obligés de prolonger leur séjour pour honorer leurs contrats et payer les amendes.

À cause des abus, les fuites et les suicides étaient fréquents chez les engagés...mais aussi les mouvements de protestations aussi ! Aux moyens de marches vers la capitale et de grèves ils réclamaient de meilleures conditions de travail et le paiement des salaires.

L’exploitation des « engagés du sucre » après celle des esclaves a fait la richesse des familles telles que les Panon-Desbassayns ou les Kerveguen. Après eux, les capitalistes du sucre, dont certains sont les descendants de ces derniers, ont continué à extraire de juteux profits du travail des ouvriers d’usines et des ouvriers agricoles.

L’esclavage et l’engagisme ont été abolis. Reste aujourd’hui le salariat qui lui aussi devra être aboli pour laisser un jour la place à une société où la satisfaction de tous les besoins humains sera la règle.


 

 
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