Il y a cinquante ans, le 15 octobre 1960, le gouvernement français promulguait une ordonnance prise à l’initiative du Premier ministre de l’époque : Michel Debré. Cette ordonnance visait « les fonctionnaires de l’Etat et des établissements publics de l’Etat en service dans les DOM dont le comportement est de nature à troubler l’ordre public ». Ils pouvaient être « sur proposition du préfet et sans autre formalité, rappelés d’office en métropole par le ministre dont ils dépendent pour recevoir une nouvelle affectation. »
C’était l’époque de la guerre d’Algérie et le parlement avait accordé au gouvernement les pleins pouvoirs, ce qui lui permettait de légiférer par ordonnance.
Concernant les départements d’Outre-mer, il s’agissait de réduire au silence un certain nombre de fonctionnaires, militants anticolonialistes, autonomistes ou indépendantistes. La plupart d’entre eux furent mutés en Corse, en Afrique, en France. Ceux qui refusèrent furent exclus de la fonction publique.
Les treize fonctionnaires réunionnais réprimés étaient membres du Parti communiste réunionnais ou apparentés. Parmi eux, Roland Robert, Gervais et Nelly Barret, Boris et Clélie Gamaleya.
L’ordonnance fut abrogée en 1972. Les fonctionnaires réunionnais purent alors revenir chez eux. Puis, en 1975, ce fut la réintégration des fonctionnaires antillais.
Pendant des années des procès, des pétitions, des mobilisations, des manifestations se succédèrent pour réclamer l’abrogation de l’ordonnance et la réintégration des fonctionnaires réprimés. Mais il fallut attendre 1981 pour que seulement certains recouvrent pleinement leurs droits.
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