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Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
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Il y a quinze ans, la revolte du Chaudron.

Il y a quinze ans, entre février et mars 1991, éclataient ce que l’on appela par la suite « les événements du Chaudron ».

Tout commença par une manifestation de soutien à Télé Freedom. Cette télé, alors non autorisée, était menacée de saisie. La manifestation rencontra un énorme succès. Quelques échauffourées eurent lieu entre la police et des manifestants dont la colère fut attisée par l’attitude intransigeante du préfet et du gouvernement socialiste qui voulaient à tout prix faire taire Télé Freedom.

Dans les semaines qui suivirent, des voitures furent incendiées, et surtout des magasins. Ce fut par exemple le cas de Score. Il y eut des morts dans les incendies de ces magasins, symboles d’une richesse inaccessible pour une grande partie des habitants. N’était-ce pas une provocation d’avoir installé au Chaudron un concessionnaire Porsche ?

Ces événements ont été profondément ressentis dans l’île et au-delà, car ils révélaient le profond malaise que vivaient nombre de Réunionnais.

Si cette manifestation a eu autant de succès, c’est que Télé Freedom bénéficiait d’une large audience auprès de la population. Elle offrait une tribune à des personnes des milieux populaires, leur permettant de s’exprimer librement sur tous les sujets et donc de pouvoir dénoncer leurs mauvaises conditions de vie.

Le Chaudron, où s’était déroulé l’essentiel des émeutes, concentrait tous les problèmes de la population laborieuse : un chômage qui dépassait 50% (surtout chez les jeunes) ; des logements vétustes, pas entretenus et étroits où logeaient des familles souvent nombreuses...

Dépassées dans un premier temps, les autorités étaient parvenues à ramener le calme en offrant à Télé Freedom une autorisation d’émettre à condition de respecter les règles du CSA, en promettant d’améliorer le cadre de vie de la population et de donner du travail aux jeunes.

Depuis, les façades ont bien été rafraîchies et quelques jeunes ont bénéficié de CES et autres contrats précaires. Cependant, aucun des vrais problèmes n’a été résolu, comme le chômage toujours aussi important.

Aujourd’hui, quinze ans après, la situation des plus pauvres n’a guère changé : manque de travail, manque de logements, salaires insuffisants pour ceux qui ont la chance d’avoir un emploi, mépris des gouvernants et des riches pour la souffrance des démunis.

Les ingrédients sont toujours là qui pourraient à tout instant faire exploser le chaudron !


 

 
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