photo site national ligne
hebdomadaire ligne
mensuel ligne
audio-LO ligne
U.C.I. ligne
la fête ligne
enveloppe
Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
imprimante
Il y a soixante ans l’Inde accédait à l’indépendance.

En août 1947 l’Inde, après plus d’un siècle de domination par l’Angleterre, devient indépendante. La fin officielle de l’exploitation coloniale s’accompagne également de la partition de ce sous-continent en deux pays distinct : l’Inde actuelle et le Pakistan.

Depuis le XVème siècle l’Inde, un pays grand comme six fois la France, est convoitée par les puissances occidentales telles que le Portugal, la Hollande, la Grande Bretagne et plus tardivement la France. C’est l’Angleterre qui s’impose rapidement. Au XVIIIème siècle, elle règne presque sans partage sur le pays, notamment par le biais de la Compagnie anglaise des Indes orientales.

Durant des décennies, les capitalistes anglais, après avoir imposé leur monopole en évinçant les marchands indiens et européens, réalisent des fortunes dans le commerce de produits indiens, en particulier, les épices, les soieries, les cotonnades. Peu à peu le commerce se transforme en pillage. La puissance coloniale anglaise, oblige les paysans à produire essentiellement des matières premières pour les industries, notamment textiles, qui se développent sur le sol anglais.

Les conséquences directes, de ce pillage et de l’exploitation accrue de la main-d’Suvre indienne est la ruine de nombreux paysans et artisans et la baisse inexorable du niveau de vie de la population. Celle-ci s’accompagne de famines de plus en plus fréquentes qui entraînent à leur tour une diminution importante de la population.

Pour asseoir sa domination sur tout un pays et tout un peuple, l’État anglais, représenté en Inde par un vice-roi, n’hésite pas un instant à utiliser, outre l’armée coloniale, les divisions qui existent en Inde. Il maintient le système de castes. Pour obtenir la loyauté des notables indiens et les avoir comme alliés contre les masses, le vice-roi leur accorde quelques places, sans réel pouvoir, dans l’administration. Il laisse également une partie du pays sous le contrôle de princes indiens, les Radjas.

Les oppositions religieuses sont aussi un instrument de division dont usent sans scrupules les Anglais.

Le développement du commerce et de l’industrie en Inde profite aussi aux couches privilégiées indiennes. Cette bourgeoisie, sans s’opposer réellement au pouvoir colonial revendique davantage de considération.

En 1885, elle crée le parti du Congrès national, ancêtre du parti du Congrès qui est encore au pouvoir aujourd’hui. Tout en prétendant représenter le peuple indien, ce parti qui représente la bourgeoisie et les propriétaires fonciers indiens est une caution indigène au pouvoir colonial qui ne tient pas compte de son avis.

Gandhi est issu d’une de ces familles commerçantes aisées. Après des études d’avocat en Angleterre, des allers-retours entre l’Afrique du Sud et l’Inde, il rentre définitivement en Inde en 1914.

Son mode de vie simple contraste avec celui des membres du congrès et impose le respect. Il s’attire la sympathie des masses qui s’identifient à cet homme qui prêche la non-violence. Mais l’art de Gandhi réside justement dans sa capacité extraordinaire à tromper la population pauvre. Il soutient la division de la société en castes qu’il considère comme « naturelles et essentielles ». Il rejette les progrès de la médecine et les hôpitaux qui « sont des institutions pour la propagande du pêcher » et surtout il exhorte les pauvres à la « résistance passive » dans un pays où ceux-ci sont victimes de violences inouïes. Cette politique vise à désarmer les masses face à leurs oppresseurs.

Malgré lui, les révoltes de la population pauvre et des travailleurs sont de plus en plus nombreuses et se radicalisent. Dans la période 1918- 1930, des grèves ouvrières éclatent dans les villes industrielles comme Bombay et se transforment en émeutes qui sont réprimées dans le sang par l’autorité britannique.

Les masses sont en ébullition et la classe ouvrière est sur le devant de la scène. Le mouvement des masses réalise l’unité des populations de religions différentes dans la rue. Ceci n’est pas pour plaire aux fondamentalistes religieux, qu’ils soient musulmans ou hindous, qui créent des organisations politiques qui jouent ouvertement sur le terrain de la division sous l’Sil bienveillant de l’autorité coloniale.

C’est dans ce contexte que les membres du parti du Congrès commencent à parler de l’Indépendance. Gandhi s’y oppose dans un premier temps.

À sa sortie de prison en 1931, Gandhi participe à Londres aux négociations de la Table Ronde où il n’est toujours pas question de l’indépendance.

Lors de la seconde guerre mondiale à laquelle il refuse tout soutien, contrairement à ce qu’il fit en 1914, Gandhi met en avant un mot d’ordre plus radical : il exige que les Britanniques quittent l’Inde.

Au sortir de la guerre, l’agitation reprend de plus belle et la marche vers l’indépendance s’accélère.

En mai 1946, une mission ministérielle anglaise arrive en Inde sous la direction du dernier vice-roi, Lord Mountbatten.

Le parti du Congrès et la Ligue musulmane se concurrencent pour se positionner aux mieux dans la course au pouvoir.

En février 1947, Lord Mountbatten propose de couper l’Inde en deux en créant le Pakistan. La délimitation des frontières reste secrète jusqu’à la proclamation de l’indépendance.

Des millions de personnes, suivant leur religion, se retrouvent du mauvais côté de la frontière. Il en résulte du côté musulman comme du côté hindou, des massacres atroces qui font entre 180 000 et 500 000 morts.


 

 
Adresser toute correspondance à Lutte Ouvrière - BP233 - 75865 Paris Cedex 18
Lutte Ouvrière c/o Editions d'Avron, 6 rue Florian, 93500 Pantin - Tel : 01 48 10 86 20 - enveloppe - enveloppe