Un salarié chargé des conditions de travail et de sécurité à France Telecom Bordeaux, âgé de 57 ans et père de quatre enfants, s’est immolé par le feu. Il a mis explicitement en cause les pressions intolérables dont il était victime dans son travail de la part de sa direction.
À France Telecom, entreprise de 100 000 salariés, les patrons et les actionnaires ont un objectif affiché : supprimer le plus rapidement possible un emploi sur cinq, soit 20 000, pour augmenter toujours plus les profits. Et pour atteindre ce but, ils utilisent tous les moyens : mutations autoritaires, mises au placard, humiliations, incitations à la démission, surtravail. Certains résistent, souvent au prix de leur santé, d’autres ne supportent plus, et passent à l’acte. Plusieurs dizaines de salariés de cette compagnie ont ainsi attenté à leurs jours depuis la mise en place du nouveau système de management en 2004 par son PDG, Didier Lombard.
Cette maltraitance, elle a lieu aussi dans les entreprises de la Réunion. Le patron d’Air Austral, Guy Ethève, vient d’être condamné à verser des dommages et intérêts et à réintégrer l’ancienne responsable de communication de sa compagnie qu’il avait harcelée, puis injustement licenciée. Ce sont en fait des centaines de travailleurs qui à longueur d’année sont victimes de harcèlement, de dénigrement systématique sur leurs lieux de travail.
Ne pas accepter, réagir individuellement bien sûr, mais surtout collectivement pour ne pas laisser des camarades de travail isolés face à leur patron ou à leur hiérarchie, s’organiser pour contrer ce type de pratiques, c’est la seule façon de sauver notre peau. Moralement et physiquement.
-