Yves Jégo, le secrétaire d’État à l’Outre-mer aurait-il fait sien le slogan publicitaire « J’aime l’île de La Réunion », lancé par l’organisme de tourisme régional ? En six mois, il est venu pas moins de cinq fois et promet de revenir à nouveau.
L’objet principal de sa dernière visite, fin août, a été la signature d’une charte avec les patrons des grandes surfaces. Le but étant de soi- disant redonner du pouvoir d’achat aux Réunionnais.
Les trois mesures contenues dans cette fameuse charte se conjuguent au futur (non proche !) et n’ont pas de quoi effrayer les capitalistes de l’alimentation. Il est en effet question d’une « baisse des coûts des taxes et des frais d’approche des produits de première nécessité ». Qui prendra en charge ces taxes ? De toute évidence l’État, c’est-à-dire les contribuables.
La deuxième mesure est la promotion de la production locale par le soutien à la création ou au renforcement de filières animales et végétales, autrement dit de coopératives ou autres Sica. Aujourd’hui, de telles structures existent, notamment dans le lait, la viande bovine, le porc ou la volaille, sans d’ailleurs que les prix soient moins chers que ceux des produits importés. Alors, il faut arrêter de faire croire que les cochons volent !
Enfin, la dernière mesure du ministre consiste à « développer les marques des distributeurs », les MDD, jusqu’à atteindre 15% en 2011. Si pendant qu’il était en compagnie des patrons des grandes surfaces, Jégo avait pris la peine de faire un tour dans leurs rayons, il aurait vu que les produits de marque Carrefour, Casino et autres Champion représentent déjà 15 à 25% des produits en rayons, hors les produits frais. Sans la moindre retenue, il a « lancé un appel » pour « aller plutôt vers ces produits » insistant sur « une responsabilisation du consommateur ». Le ministre l’accuse-t-il de vivre au-dessus de ses moyens ?
Peu avant la venue de Jégo et avant même de connaître le contenu de cette charte, bon nombre de personnes, et notamment des travailleurs, se sont exprimées par médias interposés. Ils ont dit ne pas en attendre grand-chose. Comment croire en effet que les patrons de la grande distribution, ceux-là mêmes qui saignent les porte-monnaie des travailleurs à longueur d’année, pourraient faire un geste en leur faveur ?
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