Les manifestations du mardi 28 mars ont été un incontestable succès, en réunissant plus de manifestants, tant dans la jeunesse des facultés et des lycées que parmi les travailleurs.
Pour l’instant, Villepin n’a pas changé ni de langage, ni d’attitude. Il continue à proclamer qu’il ne retirera pas sa loi, prétextant du fait qu’elle a été votée. Mais il se déclare prêt à l’aménager, ce qui est parfaite-ment contradictoire.
Visiblement, la majorité est de plus en plus divisée sur la tactique à suivre. Chirac a même du annuler le voyage qu’il devait faire le 30 mars au Havre. Imposer un recul au gouverne-ment dans sa tentative de légaliser la précarité par le CPE et le CNE apparaît donc de plus en plus à la portée du mouvement.
Il est maintenant urgent d’annoncer rapidement le prochain objectif. Les faits montrent clairement que, quand les étapes de la mobilisation sont annoncées, et ne revêtent pas le caractère de journées d’action isolées, sans lendemain, elles permettent aux hésitants de prendre confiance dans la capa-cité du monde du travail à atteindre ses objectifs par la lutte. C’est dans cette voie-là qu’il faut continuer.
Le mouvement de la jeunesse existe et il ne cesse de s’amplifier. Mais pour remporter de nou-veaux succès il faut continuer dans la voie de ce qui a réussi, c’est-à-dire rechercher l’élargisse-ment du mouvement.
Car la lutte est loin d’être terminée. C’est évident si Villepin persévère dans sa volonté de passer en force, comme certains lui en prêtent l’intention. Mais c’est vrai aussi si le Conseil constitutionnel, qui doit statuer le 30 mars, rejette opportunément le CPE, offrant ainsi une sortie « honorable » au gouvernement. Car ce n’est pas seulement le CPE qui est en cause et qu’il faut mettre en échec. C’est la politique qui vise à légaliser la précarité croissante de l’emploi.
Cette volonté de précariser le travail et de ne pas créer d’emplois pérennes ne date pas d’aujourd’hui. Depuis plus de vingt ans, les différents gouvernements ont créé de multiples contrats (TUC, SIVP, CES, CEC, contractuels, vacataires...) pour ne pas contraindre les employ- eurs à embaucher en CDI et pour leur permettre de se débarrasser légalement et facilement des salariés à la fin de leurs contrats. Avec le CPE et le CNE, le gouvernement et derrière lui le patronat souhaitent, à terme, supprimer les contrats à durée indéterminée.
La lutte doit donc se poursuivre jusqu’au retrait définitif du CPE et du CNE. Lutte Ouvrière s’associe à toutes les mobilisations des syndicats et des étudiants qui vont dans ce sens.
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