Alors que les prix flambent et que le pouvoir d’achat baisse, Yves Jégo, le ministre de l’Outre-mer a affirmé, lors de son dernier passage dans l’île, que Sarkozy se serait acquitté de sa promesse de « redonner du pouvoir d’achat aux Français de la Réunion en… permettant la création d’un Observatoire des prix et des revenus ». Selon lui, c’est à cet organisme de faire des propositions concrètes, « dix à douze », pour augmenter le pouvoir d’achat.
Mais les syndicats qui en sont membres, tout comme le président de l’association « Agir pou nout tout », pourtant ardent défenseur de l’Observatoire, considèrent que l’État ne donne pas les moyens suffisants pour « passer de la théorie à la pratique », le réduisant ainsi à « une coquille vide ».
Moins d’un an après sa création, l’Observatoire des prix et des revenus déçoit donc ceux qui y voyaient un instrument pouvant permettre un contrôle des prix. Cependant, même déçus, certains font encore mine de croire qu’avec un peu plus de transparence et un peu plus de réactivité à leurs demandes de la part de l’État, ils seraient en mesure de proposer des solutions pour contrecarrer la baisse continuelle du niveau de vie de la population, en particulier celle des travailleurs. C’est là une illusion que les travailleurs auraient bien tort de partager.
De toute façon, cet observatoire ne peut rien observer ni décider de rien. Il serait certes important que les travailleurs puissent contrôler non seulement les prix mais aussi les profits, ainsi que les salaires effectivement versés par les patrons petits et grands, ou encore les temps et les conditions de travail. Mais est-ce un organisme présidé par un préfet et où siègent auprès de patrons nombre de représentants de l’État qui le pourrait ? Si les travailleurs n’ont pas leurs propres organismes de contrôle, leurs propres syndicats ou leurs propres partis politiques, ils ne pourront rien entreprendre ni rien réussir.
Croire que les exploités peuvent s’entendre avec les exploiteurs, cela s’appelle de la collaboration de classe ; une collaboration qui n’a jamais eu d’effets bénéfiques… pour les travailleurs du moins. Et ce n’est évidemment pas cette collaboration qui contraindra la préfecture à ne pas augmenter le gaz et les carburants, les commerçants à baisser leurs prix et les patrons à augmenter les salaires, seuls moyens efficaces pour « redonner du pouvoir d’achat » à la population laborieuse.
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