Une semaine avant que ne débute la campagne sucrière, une convention canne a été signée entre l’Etat, les représentants de l’industrie du sucre et un syndicat des planteurs, la CGPER. Cette convention régit les conditions d’achat de la canne à sucre par les industriels aux agriculteurs, ainsi que les modali-tés d’attribution des aides de l’Etat et de l’Europe.
La récente réforme de l’Organisation commune du marché du sucre a bien évidemment eu des répercussions dans la mise en place de la convention qui vient d’être signée. La réforme prévoyait une baisse de 33% du prix de la tonne de sucre, de façon dégressive sur trois ans. Pour ne rien perdre sur leur chiffre d’affaire et donc sur leurs bénéfices, les usiniers qui auparavant achetaient aux planteurs une tonne de canne pour 39,09 euros, ne la payent plus que 17 euros. C’est l’Etat et l’Europe qui compensent le manque à gagner des planteurs, si bien qu’aujourd’hui la canne est subventionnée à plus de la moitié de sa valeur.
La convention a aussi prévu une augmentation de l’aide aux transports de 10%, une aide de deux euros par tonne de canne pour les exploitations en zone difficile et une augmentation de la prime bagasse. Toutes ces aides et ces augmentations sont aussi assurées par l’Etat et l’Europe.
Le problème que soulèvent plusieurs syndicats d’exploitants, c’est que non seulement les usiniers ne sortent rien de leurs poches mais qu’ils imposent aux exploitants de plus de 10 hectares de canne l’interdiction de diversifier plus de 10% de leur surface. Ceci sous peine de voire diminuer leurs aides à la production. En étant parvenus à inclure cet article dans la convention, les industriels se garantissent une quantité de canne suffisante afin de rentabiliser leurs installations.
La marge des industriels ne fera donc que croître et leurs livraisons se verront assurer. Enfin, les industriels auront la possibilité de mettre en place un pôle canne avec l’argent public, ce qui leur permettra de ne pas toucher à leurs fonds propres.
Ainsi, même si les revenus des petits planteurs sont pour l’instant plus ou moins garantis, ce sont eux qui risquent de subir des baisses qui pourraient s’avérer conséquentes, et ce d’autant plus que le prix de la tonne de canne a été bloqué jusqu’en 2014.
Cerise sur le gâteau, l’aide à la production est dorénavant entièrement versée aux industriels qui se chargeront de la redistribuer aux planteurs. Bref, les industriels contrôlent de plus en plus la filière canne avec l’aide et les soutiens de l’Etat.
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