Les candidats du PCR aux législatives font du « développement de la Réunion » et de « l’unité réunionnaise » leur cheval de bataille.
Ce programme n’est pas nouveau. Pendant les présidentielles, le PCR avait déjà fait de « La Réunion (son) candidat ».
Les dirigeants du PCR parlent de La Réunion comme si tout le monde ici avait les mêmes intérêts. C’est là une façon de faire croire que nous sommes tous logés à la même enseigne et que ce qui est bon pour les capitalistes le serait aussi pour les travailleurs et les plus pauvres.
Même si le PCR s’élève contre la politique de Sarkozy qui « appauvrit les Réunionnais » et qui « veut mettre au pilon le code du travail », même si Paul Vergès rappelle régulièrement que « plus de 25.000 familles attendent un logement social, (et que) des dizaines de milliers vivent dans des habitats insalubres, inadaptés, exigus », ce que le PCR propose reste dans le droit fil de ce que Vergès fait à la Région, c’est-à-dire servir les intérêts de la bourgeoisie et des plus riches.
Dans le contenu de la plateforme de l’Alliance présenté par le PCR comme pouvant « sortir La Réunion de la précarité et du mal vivre », il est surtout question de préparer les entreprises locales à investir, de « créer un statut d’entreprises franches » ou encore de « dynamiser le marché intérieur »... autrement dit, permettre aux patrons d’amasser des profits, comme si la richesse patronale allait nécessairement amener un mieux-être pour les travailleurs.
Paul Vergès peut toujours se féliciter du vaste chantier de la route des Tamarins qui a créé 1500 emplois dans le BTP. Mais outre le fait que beaucoup d’ouvriers qui s’y sont succédés ont occupé des emplois précaires, aujourd’hui au moins un quart d’entre eux pointe au chômage ou a dû trouver du travail ailleurs.
Il n’a jamais été question pour les capitalistes du béton de « partager les richesses ». Cette année, les patrons du BTP n’ont lâché guère plus de 3,5 % d’augmentation de salaires aux travailleurs. Quand le bâtiment va, tout ne va pas forcément...pour les salariés.
« La Réunion avant tout » que prônent les leaders du PCR les amène à penser que le programme anti-ouvrier de Sarkozy ne doit pas être « appliqué mécaniquement à La Réunion, alors que la situation dans l’île n’a rien à voir avec celle de la Métropole ». Comme si ce qui serait mauvais pour les travailleurs réunionnais ne le serait pas pour les travailleurs de Métropole !
Dans le même ordre d’idée, Paul Vergès et Elie Hoareau considèrent qu’il « est nécessaire de tenir compte de la situation de La Réunion pour la mise en Suvre » du projet du gouvernement de remplacer le RMI par un Revenu de solidarité active (RSA). Une façon de dire que le PCR ne serait pas contre cette mesure qui obligerait les Rmistes à accepter n’importe quel travail et qui offrirait aux patrons des cadeaux supplémentaires du moment que quelques « conditions préalables » seraient réunies !
Toutes ces idées ne sont pas bonnes pour les travailleurs car elles les divisent et les isolent. Il n’y a pas de voie réunionnaise vers le mieux-être et encore moins vers l’émancipation du monde du travail. Et tenter de le faire croire est un mensonge qui ne peut qu’affaiblir le camp des travailleurs.
-