Le peuple haïtien vient d’être frappé par un terrible tremblement de terre. Sa capitale, Port au Prince, est ravagée. Des millions de gens sont sans abris, les blessés se comptent par centaines de milliers, les morts par dizaines de milliers.
C’est une catastrophe naturelle, bien sûr, car Haïti est situé sur une faille active de l’écorce terrestre. Mais l’ampleur des dégâts n’est pas due à la seule fatalité. Elle est due aussi à l’extrême pauvreté qui règne dans ce pays. Et dans cette situation de sous-développement et de misère que connaît Haïti, les pays riches d’Occident ont une responsabilité écrasante.
Haïti a longtemps été une terre d’esclavage, confisquée par de grands planteurs européens. Mais Haïti a été aussi une terre d’émancipation où les esclaves se sont les premiers libérés par leurs propres forces au terme d’une insurrection victorieuse. Leur courage et leur détermination n’ont cependant pas pu les soustraire de l’emprise de l’impérialisme, si bien que le peuple haïtien a du subir pendant des dizaines d’années de féroces dictatures, entre autres celles des Duvalier qui ont littéralement rendu exsangue la population de ce pays, dont 80 % doivent se contenter d’un 1,50 euro par jour pour survivre.
L’émotion ressentie après la catastrophe qui a touchée le pays, a été sincère pour toutes les populations du monde atterrées par ce drame, plus hypocrite de la part des grandes puissances malgré le dévouement des sauveteurs. Leur souci est plutôt de rapatrier leurs compatriotes et d’étouffer l’expression de tous mouvements populaires locaux.
Nous, travailleurs de la Réunion, devons montrer notre solidarité avec ce peuple victime, mais aussi affirmer que nous sommes du côté des pauvres d’Haïti contre tous ceux qui le saignent depuis trop longtemps, qu’ils soient d’Haïti ou d’ailleurs.
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