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Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
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Le scandale du logement.

L’association Momon Papa Léla et une dizaine de familles sans logements ont, tour à tour, occupé symboliquement une maison de fonction non habitée à La Montagne, destinée aux cadres de la Cinor, l’hôtel Armony à Saint Benoît et des logements sociaux vides à La Rivière du Mât. Ils ont voulu, par leurs actions, protesté une nouvelle fois contre le manque de logements à La Réunion, en particulier pour les plus pauvres.

Apostrophés par l’association, la présidente du Conseil général, Nassimah Dindar, ainsi que plusieurs maires, n’ont rien fait d’autre que de décrire une situation préoccupante, pour ne pas dire alarmante.

Il y aurait 25 000 demandes de logements sociaux en souffrance. Autrement dit, 80 000 personnes seraient dans l’attente d’un logement, c’est-à- dire plus de 10 % de la population.

Depuis plusieurs années déjà, tout le monde s’accorde à dire qu’il faudrait construire 10 à 12 000 logements par an pour satisfaire les besoins de la population. Mais chaque année, on en construit à peine 4 000.

Et même si aujourd’hui Nassimah Dindar fait mine de s’insurger contre des propriétaires et des promoteurs immobiliers qui profitent des mesures de défiscalisation, contenues dans la Loi Programme, en faisant construire des immeubles haut de gamme ou des bureaux, qui restent inoccupés, elle n’est pas exonérée de ses responsabilités. D’autant que les mesurettes qu’elle propose sont ni plus ni moins des aides destinées à ceux-là mêmes qui sont la cible de son dernier courroux !

Elle propose, en effet, de céder ou de vendre à bas prix aux promoteurs des terrains dont la collectivité est propriétaire. En contrepartie, ceux-ci devront vendre les logements à des prix modérés. Autres mesures, verser aux propriétaires-bailleurs 6 000 euros par logement construit dans la limite de 1 000 logements, ou bien encore, les soutenir à hauteur de 20 % pour l’acquisition du foncier.

La « chasse » aux logements vides préconisée par la présidente du Département consiste donc à aider les propriétaires des locataires aux frais du département et donc des contribuables.

Ce n’est donc pas demain la veille que les jeunes qui désespèrent chez leurs parents, que les occupants de maisons insalubres ou les personnes sans logis auront un toit digne de ce nom. Dans de telles conditions, rien d’étonnant à ce que certains ne peuvent se payer un loyer même en HLM, tombent dans les bras des marchands de sommeil sans scrupules qui se frottent les mains et remplissent leurs portefeuilles en faisant payer jusqu’à 450 euros par mois pour un taudis. D’autres encore squattent des locaux vides, souvent insalubres, mettant leurs vies en danger. Le récent incendie à Saint Pierre en est une malheureuse illustration.

Dans ce monde où les besoins ne sont pas pis en compte, où l’on ne construit que pour ceux qui ont les moyens de payer, il faudra bien que la population s’en mêle pour que de vraies mesures soient prises afin que personne ne reste « dann chemin ».


 

 
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