Invitée en tant que sénatrice à la commission d’évaluation de la loi Girardin, Gélita Hoarau a déclaré que « s’il s’agit, sous couvert d’évaluation, de remettre en cause des dispositifs (d’exonération de cotisations patronales prévues par la Loi Pour l’Outre-Mer ou YYYPOM) sous prétexte de réaliser des économies au budget de l’Etat, alors nous (le PCR) combattrons cette logique... » Puis, elle a poursuivi en affirmant que « Les investisseurs ont besoin d’Suvrer dans un climat de confiance et de sécurité juridique ». Enfin, pour terminer, elle s’est déclarée « favorable à l’élimination des effets de seuil (exonération des cotisations patronales à la Sécurité sociale pour les entreprises de 10 salariés maximum), y compris pour le BTP » !
Une telle prise de position peut choquer venant de la part de quelqu’un qui se revendique du communisme et qui donc devrait avoir à cSur de défendre les intérêts ouvriers opposés à ceux du patronat. Mais depuis longtemps déjà le PCR a tourné le dos à cette politique, préférant celle qui consiste à prôner l’« Union de tous les Réunionnais ». Une telle politique aboutit en fait à mettre les intérêts des travailleurs et de la population à la remorque de ceux du patronat.
Car il n’est pas vrai que l’on peut concilier ce qui est bon pour les patrons et ce qui est bon pour les travailleurs.
Aux travailleurs il faut des salaires corrects qui permettent à tous de vivre décemment, de bien se loger, de pouvoir se distraire, se cultiver. Pour cela, l’argent existe mais il est accaparé par la classe des capitalistes.
Aux travailleurs il faut un travail. Il est scandaleux qu’une partie importante de la population en soit privée, que des forces soient ainsi laissées à l’abandon alors qu’il y a tant de besoins à satisfaire. Au lieu de laisser les patrons produire avec le moins d’ouvriers possible, au risque de ne pas respecter la sécurité dans les usines et sur les chantiers, il faudrait au contraire les obliger à embaucher.
On nous explique à longueur de temps que ce qui est bon pour le patronat, l’est aussi pour les salariés. Que pour embaucher et pouvoir augmenter les salaires, les patrons doivent faire du profit. Et qu’il faut même les y aider. Alors, on les aide et toutes les lois que Gélita Hoarau veut préserver vont dans ce sens. Mais les patrons embauchent-ils réellement ? Augmentent-ils les salaires ? Évidemment non ! Ils se contentent d’engranger les profits et continuent à pleurer la bouche pleine.
Voilà quelle est la réalité. Ne pas la reconnaître, c’est tromper les travailleurs.
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