photo site national ligne
hebdomadaire ligne
mensuel ligne
audio-LO ligne
U.C.I. ligne
la fête ligne
enveloppe
Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
imprimante
Les barbelés de l’Europe.

On a beau savoir que le monde des riches est sans pitié, même pour ceux qui sont à la recherche de quelques miettes tombées de leur table, on ne peut être bouleversé par la détresse de ces Africains qui tentent de franchir les barrières qui les séparent d’un monde où ils espèrent pouvoir survivre. Et on ne peut être aussi que révolté par le cynisme de l’Union européenne qui, tout en parlant d’un nécessaire développement de l’Afrique, entreprend une véritable guerre contre ces hommes, ces femmes, réduits aux dernières extrémités. Les millions d’Africains qui sont prêts à tout pour immigrer en Europe, fuient la misère et les guerres qui touchent leurs pays. Mais cette situation à laquelle ils veulent échapper n’est pas née de rien. Elle découle de décennies, voire de plusieurs siècles de domination coloniale.

Si l’Afrique demeure ce continent pauvre, c’est parce que la colonisation, prétendument civilisatrice, a pillé les pays qu’elle dominait. Et dans cette oeuvre, les pays de l’ouest européen, dont la France, portent une responsabilité directe.

Tous, à un titre ou à un autre, ont saigné l’Afrique en organisant la traite négrière. Puis à partir du XIXe siècle se sont partagés le continent.

La « civilisation » que pré-tendaient implanter en Afrique les grandes puissances européennes, fut synonyme de travail forcé et d’exploitation intensive des richesses minières et agricoles de ces pays, qui enrichirent les métropoles coloniales.

Les indépendances accordées par les métropoles, parfois au prix de terribles guerres coloniales, ne chan-gèrent rien à ces réalités, en particulier dans les ex-colonies françaises. La situation fut même aggravée par la création d’une multitude d’Etats, ce qui lui permit aux ex- colonisateurs de mieux contrôler ces bouts d’une Afrique morcelée. L’exploitation des ressources fut ainsi prolongée.

Les difficultés actuelles auxquelles sont aujourd’hui confrontées les puissances européennes pour contrôler leurs frontières méridionales sont le produit de cette histoire.

Alors, en venant frapper aux portes de ceux qui les ont affamés, les Africains ne font que réclamer une partie, bien faible, de ce qu’on leur a volé.


 

 
Adresser toute correspondance à Lutte Ouvrière - BP233 - 75865 Paris Cedex 18
Lutte Ouvrière c/o Editions d'Avron, 6 rue Florian, 93500 Pantin - Tel : 01 48 10 86 20 - enveloppe - enveloppe