À plusieurs reprises, les emplois-jeunes sont descendus dans la rue pour se rappeler au bon souvenir du gouvernement. Même si dès le départ, ils savaient à quoi s’attendre puisque ces contrats créés par la gauche en 1997 étaient prévus pour cinq ans maximum, ils n’entendent pas maintenant se faire jeter de leur travail comme des malpropres, et ils ont raison. Ces jeunes travailleurs ont le sentiment justifié d’assumer des tâches utiles, que ce soit dans les écoles ou dans les quartiers. Alors, il n’y a aucune raison qu’ils ne conservent pas leur emploi, surtout après une période d’essai de cinq ans.
La représentante de la droite, Girardin, ministre de l’Outre-mer, a affirmé sans fard que les emplois-jeunes coûtaient trop chers à l’Etat, c’est pourquoi le gouvernement ne les reconduira pas a-t-elle dit. Pour ces ministres payés à hauteur de 13 300 euros mensuels, peu importe de couper les vivres à des salariés disposant d’à peine le SMIC.
Girardin a ajouté cyniquement qu’ « elle en avait assez de voir des jeunes ayant un bac ou une licence passer leur journée à faire des photocopies » ! Elle a simplement oublié de préciser qu’elle ne prévoit elle aussi rien de sérieux comme alternative.
Beaucoup d’emplois-jeunes qui ont plus de 22 ans aujourd’hui ne pourront pas prétendre aux « contrats-jeunes » créés de toute pièce par la droite. De toute façon les patrons n’embaucheront pas plus qu’ils ne l’ont fait jusque là. Ils feront plutôt appel au surtravail de ceux qui sont déjà embauchés comme le permet le gouvernement Raffarin qui vient de déplafonner le nombre d’heures supplémentaires annuel autorisé de 130 à 180 heures !
Mais il n’y a pas que les emplois-jeunes qui ont à craindre pour leur avenir. Tous les contrats précaires sont dans ce cas. Il y a par exemple les dizaines de milliers d’employés communaux dont seuls 20 % sont titularisés. La seule promesse faite par Girardin aux emplois précaires, est la création de « groupes de travail ». Autant dire du vent !
Les emplois-jeunes ont raison de montrer leur colère. C’est dans la rue, pas dans les salons de la préfecture, et en amplifiant leur protestation qu’ils se feront entendre du gouvernement et pourront le faire reculer. Ce qui est vrai aussi pour l’ensemble du monde du travail.
-