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Le mensuel de La Réunion
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LES PLUS GRANDS FRAUDEURS SONT LES PATRONS

L’UMP est repartie à la charge contre les « fraudes sociales ». Laurent Wauquiez, le ministre chargé des affaires européennes, avait dénoncé au mois de mai « le cancer de l’assistanat » en parlant des chômeurs et bénéficiaires du RSA. Peu après paraissait le rapport d’un député des Bouches-du-Rhône, Dominique Tian, sur les dites fraudes. Puis ce fut au tour du ministre des Transports et chef de file du collectif « Droite Populaire », Thierry Mariani, de proposer « la création d’un fichier généralisé des allocataires qui recense toutes les prestations sociales perçues », à laquelle s’est rallié le ministre du Travail, Xavier Bertrand.

L’idée qui consiste à créer un fichier unique des allocataires n’est pas nouvelle. En 2007, à la veille des élections présidentielles, et dans le but d’attirer au candidat Nicolas Sarkozy les voix des électeurs du Front National, ce même Xavier Bertrand alors ministre de la Santé du gouvernement Villepin annonçait la mise en place d’un « comité national de lutte contre la fraude en matière de Sécurité sociale ».

Cette annonce venait juste après la loi sur le Répertoire national commun de la protection sociale créé en décembre 2006.

Si la mise en pratique de ce fichier a été retardée jusqu’à aujourd’hui le gouvernement, sous la conduite du ministre du Budget Eric Woerth, avait en 2008 mis en place un Répertoire national des bénéficiaires d’allocations familiales pour signaler les doubles affiliations. Actuellement, les Caisses d’allocations familiales croisent par exemple leurs fichiers avec ceux de la Sécurité sociale pour débusquer les fraudeurs sociaux.

Ce sont surtout les bénéficiaires des prestations sociales, c’est-à-dire les particuliers, qui seront en fait poursuivis et sommés de rembourser. Ainsi, derrière les déclarations des membres de la majorité gouvernementale ce sont les travailleurs qui sont visés, pas le patronat.

Pourtant, ce dernier est le plus grand des fraudeurs aux cotisations sociales. Les patrons qui ne déclarent pas leurs salariés seraient à l’origine de 80 % des 10 à 20 milliards d’euros annuels d’arnaques à la Sécurité sociale.

Près de 12 % des employeurs, notamment dans le BTP et le textile seraient en infraction et 5 % de tous les patrons feraient travailler au noir.


 

 
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