Un décret datant de 1946 stipule que les agents des Industries électriques et gazières des DOM, donc ceux de EDF mais aussi ceux des centrales privées à la Réunion, doivent bénéficier de l’« intégralité des primes coloniales », qui se nomment aujourd’hui « primes de vie chère ».
Au fil du temps les dites primes ont été rehaussées à 53 % des salaires concernés. Mais ce décret n’a jamais été appliqué dans son intégralité aux travailleurs de la production d’énergie dans les DOM.
À la Réunion, il a fallu attendre 1972 que les travailleurs de l’EER (l’ancêtre d’EDF) fassent grève pendant six semaines pour que leur soit appliquée une prime réduite à 20 %. Ainsi donc, les travailleurs de l’EER, puis ceux d’EDF, ont été spoliés pendant des années.
Aujourd’hui, à l’initiative de la CGTR ils réclament de rentrer dans leurs droits. Ils ont raison, d’autant que leur manque à gagner n’a pas été perdu pour tout le monde. C’est l’État et les actionnaires des différentes compagnies qui se sont partagés l’argent qui ne leur a pas été versé.
Depuis le début des années 1990, une grande partie de la production d’électricité est assurée par des entreprises privées. La plus importante, la Séchilienne-Sidec, qui bénéficie de tarifs très favorables d’achat de sa production par EDF refusait d’appliquer, lors de la création des usines du Gol et de Bois Rouge, le statut des Industries Electriques et Gazières (IEG).
Il a fallu de nombreuses grèves pour l’obliger à appliquer la loi. Aujourd’hui les patrons d’EDF et de la Séchilienne-Sidec continuent leurs manigances et refusent d’appliquer la disposition du statut des IEG, l’article 14 paragraphe 6, qui stipule pourtant que la prime de vie chère doit être de 53% dans le secteur de l’énergie, et non pas de 20 %. Voilà pourquoi les travailleurs de l’énergie sont contraints aujourd’hui à la grève.
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