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Les travailleurs de Raimondi font reculer leur patron

Raimondi Pro Carrelage à Ravine Creuse Saint-André est une entreprise du bâtiment spécialisée dans la pose de carrelage. Sous prétexte de baisses de commandes, le patron a récemment décidé de licencier six ouvriers. Pour les douze autres travailleurs la paie de décembre n’a été versée que le 12 janvier, et le 11 février ils attendaient toujours celle de janvier. Le patron leur a aussi supprimé la prime d’ancienneté et cessé de cotiser à la mutuelle, les privant ainsi des compléments de remboursement en cas de maladie. Les camions de chantier n’étaient eux aussi plus assurés et les chaussures de sécurité plus fournies. Quant aux six ouvriers licenciés ils ont reçu une « estimation » de leurs indemnités de licenciement nettement inférieures aux dispositions légales. Le premier mois de préavis ne leur a pas été payé.

Agissant ainsi, le patron de Pro Carrelage a mis les seize salariés dans des difficultés financières sans nom : découverts en banque et agios commençaient à tomber, au point que pour certains, se nourrir devenait problématique.

Les travailleurs ont donc décidé de demander des comptes à leur patron en se mettant en grève à partir du jeudi 11 février. Le lendemain, lors d’une réunion qui a eu lieu avec le patron, les 16 grévistes ont déclaré qu’ils ne reprendraient pas le travail tant qu’ils n’auraient pas ce qu’ils demandent. Quand le patron a mis en avant ses difficultés, la crise du BTP… il lui a été rappelé qu’il bénéficiait d’un plan de sauvegarde courant sur dix ans, alors que les salariés étaient les seuls à trinquer, sans aide d’aucune sorte. La grève s’est donc poursuivie.

Mardi 16 février, les grévistes découvraient avec un peu de soulagement que le patron avait commencé à créditer leurs comptes des deux semaines travaillées en janvier, soit 500 à 700 €. C’était un début mais loin du compte pour faire face aux dépenses essentielles. La grève a donc continué.

Mercredi 17, une nouvelle négociation s’engageait et se terminait cette fois par un recul du patron sur l’ensemble des revendications. Il s’engageait à payer les congés payés d’ici le 26 février, les arriérés de prime d’ancienneté, la prime dite Cospar, la prime de vacances. Il a également fait le nécessaire pour assurer ses camions. Seuls points négatifs, il maintenait sa décision de ne plus cotiser à la mutuelle, laissant les salariés sans complémentaire au premier trimestre 2010, et six salariés étaient toujours licenciés. Ceux-ci ont cependant été dispensés de venir travailler pendant leur préavis et leurs indemnités seront recalculées comme ils le demandaient. Enfin, les cinq jours de grève seront payés sur février et mars.

La décision des grévistes a été de signer le protocole d’accord mais ils n’ont repris le travail que le lendemain, satisfaits d’avoir fait reculer leur patron qui, quelques jours auparavant, ne voulait encore rien céder.


 

 
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