La Direction du Travail de la Réunion vient d’annoncer que la barre des 110 000 chômeurs a été franchie. Cela fait 28 mois consécutifs que le nombre des sans-emplois augmente. Le chômage, cette gangrène, touche ici un travailleur sur trois, dont beaucoup n’ont même plus l’espoir de retrouver un travail.
Le BTP n’embauche plus. Dans le commerce des groupes tels que Caillé et Foucque réduisent leurs effectifs et ferment plusieurs de leurs magasins. Les licenciements, non compensés par la création d’emplois nouveaux, ont pour conséquence une augmentation du nombre de chômeurs de longue durée (privés d’emplois depuis plus d’un an) et une baisse dramatique du niveau de vie d’une partie croissante des travailleurs et de leurs familles.
Cette situation n’est pas due à une fatalité contre laquelle on ne pourrait rien. Elle découle du fonctionnement même de la société capitaliste, une société où une minorité de possédants concentre entre ses mains tous les moyens de production, de paiement et de décision ; une société où les partis politiques gestionnaires des deniers de l’État et des collectivités territoriales, refusent non seulement de demander des comptes à la classe possédante mais se comportent au contraire comme ses obligés.
Tous demandent que soient maintenues ou augmentées les aides au patronat pour soi-disant lui permettre de créer des emplois. Mais qui peut encore croire à cette fable. Cela fait des années, voire des décennies, que les gouvernements, quelle que soit leur couleur politique, engraissent la classe capitalistes avec des aides, des subventions, des dégrèvements, des exonérations de toutes sortes. Et pour quels résultats ? Aucun, si ce n’est de remplir un peu plus les comptes en banque des plus riches.
Tout comme pour les autres aides, la loi de défiscalisation que le monde patronal et ses soutiens légitiment, profite en fait aux possesseurs de capitaux, leur permettant de réduire leurs impôts. Seulement, toutes ces largesses ont un coût et participent à l’endettement de l’Etat qui se retourne contre la population, taille dans les services publics, supprime des milliers d’emplois de fonctionnaires, et se décharge des ses obligations en matière de paiement du Rmi ou de construction de logements sociaux sur les collectivités territoriales.
Et il n’en faut pas plus à ces dernières pour augmenter les impôts locaux ou réduire les investissements nécessaires à la population.
Le fonctionnement même de ce système économique appauvrit ainsi les salariés et les petites gens, au point que des milliers de personnes doivent faire la queue à Cambuston ou dans d’autres quartiers pour récupérer un colis alimentaire leur permettant de survivre.
C’est dire qu’il n’y a pas d’intérêts communs entre les travailleurs et les patrons. Quand les poches des premiers se vident, les coffres des seconds se remplissent. Et l’affaire Caillé est là pour nous rappeler cette réalité. Des dizaines de travailleurs ont perdu leur emploi au prétexte de prétendues difficultés financières que rencontreraient certaines entreprises du groupe.
Mais Caillé lui-même a-t-il mis la main à la poche pour assainir ses finances, a-t-il pris sur ses avoirs, sur les profits qu’il a accumulés pendant des années ? Que non ! Conscient que ses intérêts ne sont pas ceux des travailleurs, Caillé n’hésite pas un seul instant à les sacrifier en les privant de revenu.
Alors, face à de tels adversaires, les travailleurs, les chômeurs, les jeunes doivent bien se défendre, poser leurs revendications, se faire entendre, sur le terrain qui est le leur : les usines, les bureaux, les chantiers, la rue.
Les 7 et 23 septembre, les 2 et 12 octobre, des grèves et des manifestations ont eu lieu ou doivent avoir lieu pour protester contre la réforme des retraites et au delà contre toute la politique du gouvernement et du patronat. Ces mobilisations doivent se poursuivre et s’amplifier.
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