Les grandes puissances coalisées prétendent que c’est pour venir au secours de la population, victime des atrocités de son dictateur, Kadhafi qu’ils interviennent en Libye. Mais il faut être bien naïf pour les croire.
Tout au long de leur histoire, elles ont mené leurs interventions militaires et commis les pires atrocités en invoquant la démocratie, la liberté, la civilisation, sans jamais mettre en avant leurs véritables raisons : le pillage et l’exploitation.
Kadhafi est certes une crapule, dictateur de son peuple. Mais à crapule, crapule et demie. Les grandes puissances ont un bilan bien plus sordide car multiplié par le nombre de pays qu’elles tenaient ou qu’elles tiennent encore sous leur domination.
Pour ce qui est de la France, le temps de la domination coloniale directe n’est pas si loin pour que l’on oublie les arrestations arbitraires, les tortures et les assassinats de l’armée française, de l’Indochine à l’Algérie en passant par l’Afrique noire.
Et depuis que la domination coloniale directe a cessé, une autre a continué par dictateurs autochtones interposés. De Mobutu, au Congo, à Houphouët-Boigny, en Côte-d’Ivoire, en passant par Bokassa, en Centrafrique, ou Biya, au Cameroun, les groupes capitalistes français ont bénéficié des services d’une belle collection de crapules qui n’étaient ni meilleures ni pires que Kadhafi.
Et, faut-il le rappeler, ce soutien indéfectible de la prétendue « démocratie française » à des dictateurs bourreaux de leur peuple n’a pas été la spécialité des seuls gouvernements de droite : la gauche au pouvoir, si fière de savoir « mettre les mains dans le cambouis », les a toujours mises dans le sang, en se rendant complice de dictatures qui servaient les intérêts de l’impérialisme français.
Kadhafi lui-même a longtemps été un allié de l’impérialisme français. La somptueuse réception de Kadhafi par Sarkozy, il n’y a pas si longtemps, était à l’image des liens entre classes dirigeantes des deux pays.
Maintenant que le vent tourne dans les pays arabes, la France comme les autres grandes puissances se débarrassent de leurs créatures ou de leurs alliés devenus encombrants et inutiles. Mais comme dans le passé, elles n’ont rien à faire des peuples et de leur vie.
Ce qui les intéresse dans le cas de la Libye, c’est le pétrole, c’est le gaz, qui enrichissent les trusts, dont Total, et les commandes d’avions et d’armes qui enrichissent Dassault, Lagardère et quelques autres.
Les travailleurs en tout cas n’ont pas à se sentir solidaires de l’aventure militaire de leur bourgeoisie, ni des marchandages diplomatiques entre brigands pour partager le butin. Une guerre de brigandage reste une guerre de brigandage, même si on la présente comme une action humanitaire. Arrêt immédiat des bombardements sur la Libye !
Armée française, hors de la Libye comme de toute l’Afrique !
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