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Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
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Madagascar, Ravalomanana réélu président.

Le président malgache, Marc Ravalomanana, a été réélu avec près de 55% des suffrages. Cette victoire a été saluée par les principaux bailleurs internationaux : Union européenne, Banque mondiale et FMI, ainsi que par les représentants des principales puissances tutélaires de Madagascar, Chirac en tête.

Madagascar a toujours été sous domination de l’impérialisme français. Actuellement, 600 entreprises dont 230 en zones franches ont des capitaux français, dont le Crédit Lyonnais-CA, BNP-Paribas, le groupe Total ou le Groupe Colas. Cent cinquante sociétés sont des filiales françaises. Les groupes réunionnais tels que Bourbon, Caillé, Ravate ne sont pas en reste et se disputent aussi leur part du gâteau.

Ravalomanana est lui-même un capitaliste, à la tête du groupe alimentaire Tiko, créé en 1981 grâce à un prêt de la Banque mondiale. Ce groupe qui a le monopole de la fabrication des yaourts s’est aussi développé dans le BTP, a investi dans une compagnie aérienne, la télévision et la radio. Le « roi du yaourt », ancien maire de la capitale Tananarive, s’est frayé un chemin jusqu’au sommet du pouvoir, aidé par les quelques « Tiko boys » préalablement placés dans l’administration. Et comme deux précautions valent mieux qu’une, le président malgache a trouvé le soutien des autorités religieuses. Il s’est fait réélire en 2004 vice-président de l’Église réformée de Jésus-Christ, qui a obtenu en 2005 un prêt de la Banque mondiale pour financer un de ses rassemblements.

Mais si Ravalomanana s’est beaucoup enrichi, si les investissements étrangers se portent bien, la croissance ne profite qu’à un petit nombre. Les deux-tiers des Malgaches vivent en dessous du seuil de pauvreté et 60% de la population souffrent de malnutrition. La population a beaucoup souffert de l’augmentation du prix du riz en 2004. Les salaires sont très bas. Les pauvres ne fréquen-tent plus les hôpitaux publics depuis que le prix des consultations a été multiplié par dix en 2005.

En dehors de quelques travaux d’infrastructures qui ont surtout profité aux capitalistes, à commencer par Ravalomanana lui-même, rien n’a été fait pour améliorer un tant soit peu les besoins, même les plus élémentaires de la population. Et dans les cinq ans qui viennent, les pauvres ne peuvent espérer guère mieux de la part de Ravalomanana et de sa clique.


 

 
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