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Le mensuel de La Réunion
Île de la Réunion
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Mais dans quel camp est-il ?

Dans ses voeux formulés à la population pour 2005 Paul Vergès souhaite, entre autres choses, l’unité des Réunionnais pour « développer La Réunion » et « atténuer les effets du chômage, de la pauvreté et de l’exclusion ». Mais l’unité des Réunionnais est aujourd’hui un leurre, tout simplement parce que dans la société il y des classes sociales aux intérêts diamétralement opposés.

Ainsi lorsque Vergés parle de développement de La Réunion, encore faudrait-il savoir à qui s’adresse sa politique : aux travailleurs ou à leurs exploiteurs ? La politique que mènent le PCR et de ses élus depuis de nombreuses années nous donne de bonnes raisons de croire que Vergès n’entend pas améliorer le sort des travailleurs, mais bien plutôt servir les intérêts des plus riches. De même, avec ce qu’il appelle « les nombreux défis du 21ème siècle » nous ne voyons rien qui puisse augurer des jours meilleurs pour l’ensemble des travailleurs.

La « Route des Tamarins » permettra peut-être de fluidifier un peu la circulation et de soulager de nombreux travailleurs qui passent actuellement des heures dans les embouteillages. Mais le chantier « historique » représente surtout des profits assurés pour les gros patrons du BTP qui se disputent d’ailleurs déjà leur part de gâteau. Quant au Tram-Train, qu’on n’attend pas avant dix ou quinze ans, et encore s’il voit le jour, il n’est pas dit qu’il sera un service public à moindre coût et qu’il prendra le pas sur « le tout voiture ». « L’habitat du 21ème siècle » reste « à inventer » selon Vergès.

Mais au rythme où l’on construit aujourd’hui, autant dire qu’on n’est pas près d’atteindre les 10 à 12 000 logements par an, nécessaires à la population. Vergès se préoccupe des effets de ce qu’il considère comme des « bouleversements considérables »à savoir les changements climatiques, la mondialisation de l’économie et « la transition démographique ». Mais la façon de les résoudre ou d’y faire face dépend grandement de la politique mise en avant. Veut-on promouvoir une politique favorable à toute la population, ou une politique qui ne tienne compte que des intérêts des plus riches ? Là est toute la différence.

Et ce n’est certainement pas au travers des organisations comme le GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Etude sur le Climat), l’ONU, RUP ou autre Union Européenne qui semblent revêtir une grande importance aux yeux de Vergès que l’on trouvera des remèdes aux fléaux que nous infligent cette société, en tout cas des remèdes qui puissent satisfaire le plus grand nombre.

Au contraire, toutes les nations et Etats qui s’y rencontrent n’ont pas d’autre but que de tirer leur épingle pour le compte de leur bourgeoisie et ils n’hésitent pas à utiliser si nécessaire la manière forte pour imposer ce qui semble bon à leurs capitalistes.

Nous sommes persuadés qu’un monde meilleur où les êtres humains vivraient en harmonie entre eux et avec la nature est possible. Mais nous y arriverons en débarrassant cette société du capitalisme, et ce n’est pas cette voie qu’emprunte Vergès.


 

 
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