La grève commencée le 27 septembre à Mayotte contre la vie chère continue. Les négociations pour obtenir la baisse des prix de première nécessité n’ont pas satisfait les travailleurs et la quasi-totalité des syndicats, sauf FO qui a accepté de signer l’accord proposé par la ministre de l’Outre mer, Marie-Luce Penchard.
Le prix de la bouteille de gaz par exemple n’a pas trouvé de solution. Il est de 31 euros à Mayotte contre 21 euros à la Réunion, alors même que les salaires sont nettement inférieurs à Mayotte et qu’une grande partie des prestations sociales et familiales n’y sont pas appliquées.
Marie Luce Penchard qui ne s’est pas attardée plus de deux jours sur place a déclaré que le gouvernement appliquerait finalement le RSA à Mayotte en 2012, ajoutant que « Tous les ministères sont mobilisés pour poursuivre la départementalisation que vous avez tant attendue : droit syndical, formation, enseignement supérieur, accès à internet ». L’accès à internet quand la population ne dispose pas d’assez d’argent pour manger des ailes de poulet, voilà le genre de déclaration qui ne peut que mettre le feu aux poudres.
C’est d’ailleurs parce qu’elle n’avait été ni entendue, ni satisfaite sur ses revendications que la population a continué à manifester, à bloquer les routes et à obliger les magasins à fermer. Vendredi 11 octobre, un groupe de gardes mobiles tirait sur un groupe d’enfant avec un flash-ball blessant grièvement l’un d’eux âgé de neuf ans à l’œil gauche. Envoyé à la Réunion pour se faire opérer (le voyage ayant été payé par la solidarité des Mahorais), il perdra finalement l’usage de son œil. Le préfet de la Réunion voulut alors obliger le jeune garçon et sa famille à repartir à Mayotte immédiatement après l’opération. Finalement ils purent rester jusqu’à la fin de ses soins, suite aux protestations des organisations mahoraises présentes à la Réunion.
Le 19 octobre, c’est un homme de 39 ans qui, lors d’une charge policière dans le village de M’Tsapéré, a trouvé la mort. Le lendemain, des milliers de manifestants défilaient dans la capitale Mamoudzou pour crier leur colère et dénoncer ce crime d’Etat.
Si le gouvernement n’est pas pressé d’appliquer les lois sociales françaises dans ce nouveau département, il se montre beaucoup plus réactif quand il s’agit de mater la population. Il a ainsi envoyé sur place pas moins de 400 gardes mobiles venant de France et de la Réunion !
Protéger, y compris par la violence, les intérêts des capitalistes de la grande distribution et de l’import-export voilà la tâche que s’est fixé le gouvernement de Sarkozy. Mais la mobilisation, le courage, la détermination et la solidarité dont font preuve les travailleurs et la population de Mayotte devraient leur donner gain de cause.
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